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Équipe du Kenya: Sébastien Migné part «sans amertume aucune»

media Le Français Sébastien Migné. JAVIER SORIANO / AFP

Sébastien Migné n’est plus le sélectionneur de l’équipe du Kenya. Le Français a mis un terme à sa collaboration avec la Fédération kényane. Il a qualifié les « Harambee Stars » pour la CAN 2019 mais regrette un peu la tournure des événements durant la phase finale. Interview.

RFI : Sébastien Migné, vous n’êtes plus le sélectionneur de l’équipe nationale du Kenya. Qu’est-ce qui a conduit à cette situation ?

Sébastien Migné : J’ai été embauché par le Kenya pour essayer de qualifier son équipe nationale à la CAN, celle de 2019 ou plutôt celle de 2021. Et je les ai donc qualifiés un peu plus tôt que prévu. L’objectif a été atteint. Donc il était bien pour moi, peut-être, de partir vers un nouveau challenge, professionnellement parlant.

Et puis, concernant la Fédération de football du Kenya, j’ai pressé au maximum un peu tout le monde, pour qu’on arrive à se qualifier. En ce qui concerne les ressorts motivationnels au sein d’un groupe, il est peut-être bon que les Kényans entendent un nouveau discours, neuf.

Bref, je pense qu’il était mieux pour tout le monde de s’orienter vers une nouvelle aventure.

Vous partez donc sans aucune amertume ?

Ah non ! C’est un pays exceptionnel ! J’y ai vécu 16 mois d’aventures extraordinaires, avec mon groupe et avec mes joueurs. Ma famille, qui m’a suivi au Kenya, se plait beaucoup dans ce pays. Tant que je n’ai pas de nouveau challenge, je vais d'ailleurs y rester.

Donc, je pars sans amertume aucune. Je vais prendre une référence qui vaut ce qu’elle vaut. Mais, à un moment donné, Zinédine Zidane, a désiré stopper son aventure avec le Real Madrid. Il fallait passer à autre chose.

Je pense que c’était une bonne chose pour tout le monde, dans mon cas. En termes de motivation, pour moi également. J’ai rempli cette mission, avec les difficultés parfois inhérentes aux pays d’Afrique. C’était bien de partir vers de nouvelles aventures.

Mais il n’y a encore rien de concret. Je me remets sur le marché, comme un entraîneur lambda. On verra ce qu’il se passe durant les semaines ou les mois à venir.

Qu’est-ce qui restera comme votre meilleur souvenir, à la tête des « Harambee Stars » ?

Il y en a plusieurs. Il y a la victoire face au Ghana, en éliminatoires de la CAN 2019, qui a fait que tout s’est enchaîné par la suite. C’était la première fois depuis 25 ans que le Kenya battait une nation du top 5 africain. Il y a aussi eu le match face à l’Éthiopie qui nous a ouvert les portes de la qualification pour la CAN 2019, avec un stade archi-comble. Je crois que c’était la première fois que le stade national était rempli comme cela pour un match de l’équipe nationale. Une victoire 3-0 à domicile. Ça reste de grands souvenirs.

Malheureusement, pour la phase finale, on n’a pas été verni. On s’est retrouvé dans le groupe des deux finalistes de la CAN 2019, l’Algérie et le Sénégal. On a aussi été confronté à des blessures au sein de notre charnière. Durant tous les éliminatoires, on était pourtant réputé comme étant une équipe compliquée à jouer, avec pas mal de rencontres sans encaisser de but. Il a donc fallu tout reconstruire à la hâte, durant les derniers jours. C’était compliqué… La marche était un peu haute pour nous. C’est un peu dommage.

Après, on a redonné beaucoup d’espoir aux fans kényans. Et ça, c’était formidable parce qu’il y avait un certain désamour envers cette sélection nationale.

L’espoir créé beaucoup d’ambition. Est-ce qu’on peut être à la hauteur de cette ambition ? C’est la question que je me suis posé. Et je n’en étais pas certain. Donc, il était bien de passer à autre chose.

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