CAN 2019: la participation du Cameroun en jeu au Tribunal arbitral du sport - Afrique - RFI

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Trente-neuf corps ont été découverts dans un camion, dans la nuit de mardi à mercredi, à Grays, dans l'Essex, à l'est de Londres. Le chauffeur, originaire d'Irlande du Nord et âgé de 25 ans, a été arrêté pour meurtre, a annoncé mercredi matin la police britannique. Selon les premiers éléments de l'enquête, le camion venait de Bulgarie et était entré au Royaume-Uni le 19 octobre à Holyhead, port situé sur la côte ouest de l'Angleterre.

CAN 2019: la participation du Cameroun en jeu au Tribunal arbitral du sport

media Le Tribunal arbitral du sport, à Lausanne. Fabrice COFFRINI / AFP

Le Tribunal arbitral du sport (TAS) se penche ce 29 mai sur le litige qui oppose la Fédération de football des Comores (FFC) à la Confédération africaine de football (CAF) au sujet de la participation du Cameroun à la Coupe d’Afrique des nations 2019 (21 juin-19 juillet en Egypte). Les Comoriens estiment que la CAF aurait dû sanctionner les Camerounais en éliminatoires, lorsque ces derniers se sont vus retirer l’organisation de la CAN 2019. Le TAS donnera-t-il raison à la FFC ?

La Coupe d’Afrique des nations 2019 de football va-t-elle connaître un nouveau coup de théâtre, à trois semaines du début de la phase finale (21 juin-19 juillet) ? Ce 29 mai, à Lausanne en Suisse, ce n’est ni plus ni moins que le sort du tenant du titre et ex-pays hôte de la CAN 2019 qui se joue.

Le Tribunal arbitral du sport (TAS), instance suprême en matière de litiges sportifs, se penche en effet ce mercredi sur un litige qui oppose depuis plusieurs mois la Fédération de football des Comores (FFC) à la Confédération africaine de football (CAF) au sujet de la présence en Egypte de l’équipe du Cameroun.

Cette dernière était un des trois adversaires de l’équipe comorienne, avec le Malawi et le Maroc, durant les éliminatoires de la CAN 2019.

Le règlement du tournoi au cœur des débats

Aux yeux des Comoriens, la CAF n’a pas respecté le règlement de la compétition. La FFC affirme notamment que la Confédération aurait dû sanctionner les Camerounais, le 30 novembre 2018, lorsque la CAF a estimé que le pays de Paul Biya ne serait jamais prêt à temps pour accueillir la grande fête du foot africain.

De fait, selon l’alinéa 3 de l’article 92, si le pays censé organiser la phase finale « se désiste ou se fait retirer l’organisation » moins d’un an avant le début du tournoi, « il lui sera infligé […] (une) suspension à la prochaine édition de la CAN ».

La version française du texte précise : « sans tenir compte de l’édition concernée ». Une formule ambiguë sur laquelle le TAS devrait se pencher.

Ce n’est toutefois pas la seule question à laquelle le TAS va devoir répondre. Celui-ci va tout d’abord évaluer si les Comoriens ont épuisé tous les recours possibles auprès de la CAF, avant de se tourner vers ses services. Si tel est le cas, les arbitres chargés de l’affaire tenteront alors d’interpréter le règlement.

Des questions en suspens

Première question : les Camerounais tombent-t-il sous le coup de l’article 92 ? Du côté de la CAF, on souligne que non, car les autorités camerounaises ne se seraient ni désistées, ni vues retirer l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations. Le principal argument de l’instance faîtière du foot africain, c’est que les dates du tournoi au Cameroun auraient tout simplement changé, puisque la CAN 2021 se déroulera finalement sur les terres des « Lions Indomptables ». « C’est un report, pas une annulation », martèle le patron de la CAF, Ahmad.

Ensuite, à supposer que l’article 92 s’applique, une éventuelle sanction concernerait-elle la CAN 2019 et/ou la CAN 2021 ? On en revient au fameux « sans tenir compte de l’édition concernée ». Le TAS pourrait-il estimer que le Cameroun doit être en réalité disqualifié pour la Coupe d’Afrique qu’il est censé accueillir dans deux ans ? Ce n’est pas à exclure et ça donnerait lieu à une situation invraisemblable.

Enfin, si le TAS juge que ce dossier concerne la CAN 2019 et non pas l’édition 2021, quel type de peine pourrait-il infliger aux « Lions » ? Pour les Comoriens, la réponse est simple : leur sélection doit remplacer celle du Cameroun en phase finale. Car, selon la FFC, les Comores auraient dû gagner sur tapis vert le dernier match des éliminatoires, remporté 3-0 par les Camerounais, le 23 mars à Yaoundé, en vertu notamment de l’article 61 du règlement. Or, si le TAS décide de disqualifier purement et simplement le champion d’Afrique en titre, tous ses résultats dans le groupe B seront effacés. Et, dans ce cas de figure, le pays qui finirait deuxième du classement, derrière le Maroc… serait le Malawi.

Dernière éventualité : le TAS conclut que la situation est inédite. Dans cette hypothèse, l’article 117 du règlement de la Coupe d’Afrique des nations stipule que « les cas non prévus […] seront tranchés par la Commission d’organisation » de la CAF.

Les Comores jouent gros

En se lançant dans cette bataille juridique, les Comores jouent gros. La FFC a lancé une souscription pour payer des frais de procédure qui se chiffrent à plusieurs dizaines de milliers d’euros. Elle s’est mise à dos la direction actuelle de la CAF, ainsi que le Cameroun, une des puissances du foot africain. Mais, pour les Comoriens, qui ont beaucoup investi dans le ballon rond ces dernières années, c’est une affaire de principes et de respect.

Les « Cœlacanthes » préparent la CAN 2019 comme s'ils allaient la disputer, en attendant une décision du TAS qui devrait tomber avant le début du tournoi. Ils disputeront notamment un match face aux Ivoiriens, le 7 juin, dans le nord de la France.

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