Qatar 2022: des ouvriers toujours aussi mal protégés selon Human Rights Watch - Sports - RFI

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Qatar 2022: des ouvriers toujours aussi mal protégés selon Human Rights Watch

media Des travailleurs immigrés sur un site de construction à Doha, le 16 novembre 2015. AFP PHOTO/STR

La Coupe du monde de football au Qatar en 2022 n’en finit plus de faire des vagues en ce qui concerne les travailleurs étrangers. Ils sont près de 80 000 à travailler sur la construction des infrastructures du premier évènement sportif planétaire. Human Rights Watch (HRW) dénonce une nouvelle fois le manque de transparence qui entoure le décès de travailleurs étrangers et les conditions de travail.

Le Qatar, hôte du Mondial 2022 de football, doit introduire d'urgence des lois destinées à protéger la vie des quelque 80 000 ouvriers immigrés, réclame une nouvelle fois ce mercredi 27 septembre l'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch (HRW).

Des mesures insuffisantes pour HRW

L'organisation demande à l'émirat d'enquêter sur la mort de certains de ces travailleurs immigrés et de rendre les résultats de cette enquête publique. « L'échec des autorités qatariennes à mettre en place la protection la plus basique contre les fortes chaleurs, leur décision d'ignorer les recommandations à enquêter sur les morts des travailleurs et leur refus de rendre publics les chiffres de ces morts constituent une abdication de responsabilité volontaire », explique l'auteur du rapport. Human Rights Watch demande à la FIFA, l'instance dirigeante du football mondial, mais aussi aux Fédérations nationales et aux sponsors de la Coupe du monde de faire pression pour réclamer plus de protection contre la chaleur et l'humidité.

Pour le moment, le Qatar a introduit une loi empêchant les gens de travailler dehors entre 11h30 et 15h entre le 15 juin et le 31 août, lorsque les températures peuvent atteindre 50 degrés. Ces mesures semblent insuffisantes pour HRW.

HRW demande plus de transparence à Doha

Selon l'ONG, dix décès ont été rapportés par les organisateurs du Mondial qatarien pour la période s'écoulant d'octobre 2015 à juillet 2017, et dix d'entre eux ont été classifiés comme « non liés au travail ». HRW demande plus de transparence à Doha, les derniers chiffres officiels datant de 2012. A l'époque, affirme l'organisation, sur les 520 morts d'ouvriers venus du Bangladesh, d'Inde et du Népal, il n'y avait ni explication ni enquête pour 385 d'entre eux, soit 74 %.

Le Qatar assure avoir fait de grands progrès dans le domaine du droit du travail en introduisant d'importantes réformes. Pourtant, le rapport de HRW mentionne aussi l’estimation d’un diplomate népalais, faisant état de 353 morts en 2012 et 2013. L’ambassade indienne du Qatar a communiqué sur ses chiffres. Le nombre de décès parmi ses ressortissants est de 239 en 2011, 237 en 2012, 241 en 2013, 279 en 2014 et en 2015.

« La FIFA va de nouveau entrer en contact avec les autorités du Qatar et la question sera également discutée lors de la réunion du comité exécutif les 3 et 4 octobre 2013 à Zurich », annonçait déjà l’instance suprême du football après l’enquête du Guardian sur les conditions de travail effroyables des immigrés népalais employés sur les chantiers. Quarante-quatre travailleurs sont morts entre le 4 juin et le 8 août 2013, la plupart étaient des jeunes hommes qui avaient succombé à des crises cardiaques ou des suites d’un accident du travail.

Un problème qui dure depuis plus de trente ans

« Les grandes entreprises étrangères qui sont sur place n’ont pas vraiment envie que ça bouge, même chose pour les patrons locaux, indique à RFI Akram Belkaïd, spécialiste des pays du Golfe. S’il y a une main-d’œuvre d’élite très bien traitée, pour le reste, c’est économiquement intéressant d’avoir des travailleurs à bas coût. Les multinationales du bâtiment veulent garder leur marge. » Il ajoute : « Ce problème dure depuis plus de trente ans, et cela dans toute la région. Dans les années 2000, on parlait de Dubaï. Lors de la construction du Louvre Abu Dhabi aux Emirats Arabes Unis, il y a aussi eu de très mauvaises conditions de travail sur le chantier. »

Human Rights Watch avait déjà pointé en 2015 les abus systématiques dont étaient victimes les travailleurs venus du Bangladesh, de l'Inde, du Népal, du Pakistan, des Philippines ou encore du Sri Lanka à Abu Dhabi. En 2012, un autre rapport avait soulevé les nombreuses formes d’abus et d’exploitation subies par les travailleurs immigrés du Bahreïn, qui représentent environ 77 % de la force de travail totale. Originaires pour la plupart d'Asie du Sud, ils sont estimés à environ 460 000. La plupart occupent des emplois peu qualifiés et peu rémunérés, dans la construction, le commerce, l’industrie et le travail domestique.

Au total, 187 milliards d'euros (200 milliards de dollars) seront dépensés par la puissance pétrolière en vue de la Coupe du monde de 2022. Au début de l’année 2017, le ministre des Finances qatarien avait annoncé que le Qatar dépensait 468 millions d'euros par semaine dans la construction des infrastructures pour accueillir la compétition.

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