Jean Michaël Seri, l’homme-orchestre - Afrique foot - RFI

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Jean Michaël Seri, l’homme-orchestre

media La joie de Jean Michaël Seri après un but face à Toulouse, en décembre 2016. AFP/Valéry Hache

Prix Marc-Vivien Foé 2017, Jean Michaël Seri a débuté sa carrière en Côte d’Ivoire à l'Asec Mimosas. À 21 ans, en 2012, il quitte son club formateur pour le FC Porto au Portugal, où il ne dispute aucune rencontre en équipe première. Depuis son arrivée dans le championnat de France il y a deux saisons, l’Eléphant ne cesse de surprendre par son talent, sa détermination et sa simplicité. Portrait d’un maître à jouer appelé à un brillant avenir.

De notre envoyé spécial à Nice,

Le soleil de la Côte d'Azur lui va si bien. Jean Michaël Seri s’est délecté de deux saisons de football intense. Pourtant, la Ligue 1, il n’avait pas l’intention d’y goûter lorsqu’il était arrivé en Europe, en provenance de sa Côte d’Ivoire natale.

De l'Asec Mimosas à l'OGC Nice

Aujourd’hui, le natif de Grand-Béréby, petit dernier de la famille, est un homme comblé qui cache pourtant sa joie d’obtenir ce Prix Marc-Vivien Foé, tant sa pudeur est grande. Chez Jean Michaël Seri, il n’y a pas de grandiloquence. Il y a la simplicité, le travail accompli, et surtout l’idée que tout est un éternel recommencement. Pour aller le plus haut possible, l’ancien joueur de l’Asec Mimosas ajoute chaque jour des pierres à son édifice. Inlassablement.

Jean Michaël Seri a cru en sa bonne étoile quand il est arrivé à Porto pour embrasser cette carrière de footballeur. Les débuts ont été compliqués, il y a eu de la désillusion, de la frustration, mais pas de rancœur. Au Portugal, Seri n’a pas été tout de suite reconnu, choyé, admiré. Si dans son quartier d’enfance et lors de ses premiers pas de footballeur, on le comparait à Marcello Gallardo, l’ancien meneur de jeu argentin, Seri n’a pas convaincu tout de suite.

Sans esprit de vengeance, l’ancien numéro 10 de l’Africa Sports a trouvé les ressorts nécessaires, malgré les blessures intérieures qu’il ne dévoilera pas, pour continuer à y croire, progresser, passer un cap. Ce qu’il fait au Paços de Ferreira, où il sera élu meilleur joueur du club en 2014/2015. Ensuite, c’est l’arrivée sur la Côte d’Azur. Le début de la reconnaissance. « J’aurais souhaité que l’on me donne ma chance à Porto. Ce n’est pas grave, j’ai pris sur moi, et à Paços de Ferreira j’ai démontré que j’avais des qualités », dit-il avec pudeur.

Désormais reconnu par ses pairs

De la reconnaissance, Jean Michaël Seri en a désormais à la pelle. « Vous voulez savoir ce que je pense de Seri ?! C’est une bête », s'exclame un aficionado dans la boutique du club, les yeux écarquillés. « Ce gars a un pouvoir sur le jeu et sur l’équipe, ce qu’il m’a fait vivre cette année avec Nice, c’est magique. Je l’aime, il faut qu’il reste. »

Rencontré au centre d’entraînement, son coéquipier Vincent Koziello a des mots tout aussi chaleureux : « C’est mon voisin de vestiaire et il m’a appris énormément de choses. C’est bien que l’on parle de lui. Il le mérite. Sa discrétion fait partie de sa personnalité. Il est sûr de lui, sait où il veut aller. »

« C’est le régulateur de l’équipe, il sait quand il faut donner du tempo et quand il faut tempérer, c’est notre moteur », raconte le Marocain Younès Belhanda, Prix Marc Vivien-Foé en 2012, heureux d’avoir partagé cette belle saison niçoise avec Seri. « Déjà l’année dernière il avait régalé son équipe avec Vincent Koziello et "Papy" Mendy au milieu. Là, il a élevé son niveau de jeu et a progressé. Il se projette vers l’avant et marque. Il est devenu important », développe Belhanda qui considère Seri comme un personnage « calme », mais avec « un côté bon vivant ». « Avec un bon collectif, les individualités ressortent », précise Belhanda. « Son retour (de la CAN) va nous faire du bien », disait Alassane Plea. Nice a électrisé la Ligue 1, Seri restera comme un phare dans la nuit.

« Il ne faut pas qu'il parte ! »

Voilà pourquoi son nom circule un peu partout. L’Eléphant qui a inscrit six buts et fait dix passes décisives ne s’enflamme pas pour autant. Le projet doit être sérieux, et une source proche du joueur assure qu’il doit se sentir désiré pour répondre aux appels du large.

« Lui, il ne faut pas qu’il parte ! », lance son coach Lucien Favre, qui a découvert « un garçon charmant ». Lorsque Seri est parti à la CAN au Gabon au beau milieu de l’hiver, le technicien suisse lui a souhaité de se faire éliminer le plus vite possible… « Il s’adapte à tout, il sait percuter au bon moment, analyse aujourd’hui Lucien Favre. Soit balle au pied, soit par une passe qui casse les lignes. Il est très intelligent tactiquement. Il a encore des progrès à faire, il le sait. Mais c’est déjà du très bon niveau. »

Au-delà de son football, le « petit Xavi », comme on le surnommait du côté d’Abidjan, est un leader. « Après les repas, il reste, il parle et les autres l’écoutent, narre Lucien Favre. Souvent, il fait rire. Surtout, il sait capter l’attention, un peu comme un chef de tribu. »

Humilité

Pourtant, selon son entourage, Seri n’est pas du genre à émettre des revendications, encore moins à se mettre en avant. « Il bosse beaucoup et il a un sacré charisme. Il dit des choses censées », s’enthousiasme Lucien Favre, pourtant connu pour ses propos mesurés. Surtout, chacun s’accorde à dire que ce qu’il fait est magique. « Dans ce sport, le plus dur est de jouer simple », avoue pourtant l’intéressé. Modeste.

Avec une force intérieure énorme, Jean Michaël Seri semble être un professionnel animé par l'amour des siens. Son tout premier salaire, il l’a envoyé à la famille. Seri est un homme généreux, qui n’oublie pas ceux qui lui sont chers.

Aujourd’hui, entouré de sa femme et de ses deux enfants, Jean Michaël Seri est loin de cette petite chambre d’hôtel portugais. A l’époque, il bravait la solitude, rêvait de faire carrière au FC Barcelone. L’histoire ne fait que commencer. 

Le portrait vidéo de Jean Michaël Seri

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