Cédric Yambéré, le défenseur qui surnage à Bordeaux - Afrique foot - RFI

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Cédric Yambéré, le défenseur qui surnage à Bordeaux

media Cédric Yambéré célèbre son but face à Saint-Etienne en Ligue 1, le 7 février 2016. AFP PHOTO / NICOLAS TUCAT

Cédric Yambéré est une des rares satisfactions des Girondins de Bordeaux au cours d’une saison plutôt terne, en Championnat de France. Ce joueur polyvalent, âgé de 25 ans, s’affirme comme un des meilleurs défenseurs de Ligue 1. Un talent dont le pays d’origine de ses parents, la Centrafrique, devrait profiter prochainement.

Les supporters des Girondins de Bordeaux, club six fois champion de France, n’ont pas beaucoup de raisons de sourire en cette saison 2015-2016.

L’une des rares satisfactions de l’année écoulée s’appelle Cédric Yambéré. Ce défenseur de 25 ans, né à Bordeaux, est le joueur le plus utilisé en Ligue 1, pour le moment, par l’entraîneur Willy Sagnol. « C’est une satisfaction, souligne Cédric Yambéré. Ça veut dire que le travail paie ». Il ajoute : « Et puis jouer pour le club phare de ma région, c’est énorme ! »

Malgré ses bonnes performances et sa régularité, l’intéressé préfère laisser la place de leader à d’autres : « D’autres joueurs ont ce rôle-là. Ils ont plus de vécu dans ce monde-là. Moi, je suis plutôt un jeune joueur, car ça fait tout juste un an que je suis dans le groupe professionnel. Donc, je continue d’apprendre aux côtes de mes ainés. »

« Je viens un peu de nulle part »

De fait, Cédric Yambéré est devenu professionnel tardivement pour un footballeur, à l’âge de 24 ans. Contrairement à la plupart de ses coéquipiers, il n’est pas passé par le centre de formation d’un club pro. Il a d’abord écumé les petites équipes de la région, avant que les Girondins ne le recrutent pour leur section amateurs, en janvier 2013.

Ce parcours atypique fait à la fois la force et a faiblesse de Cédric Yambéré. « Je considère ça surtout comme un atout, lance-t-il. Je suis venu avec toute ma fraicheur, toute ma fougue et plein de choses à prouver. Je viens un peu de nulle part. Je dois montrer que je n’ai rien à envier à mes coéquipiers ». Ce joueur polyvalent, capable d’évoluer au milieu de terrain, en défense centrale et sur le côté droit, sait en revanche qu’il a des lacunes à combler. « Je dois encore progresser dans les domaines technique et tactique, mais j’aime travailler ça », lance-t-il.

Cédric Yambéré aurait peut-être eu le bagage nécessaire plus tôt, s’il n’avait pas préféré le basket-ball au football jusqu’à 15 ans. « Mon grand frère pratiquait le basket et moi, comme tout bon petit frère, j’ai voulu suivre son exemple », sourit-il.

La Centrafrique, terre lointaine

Rien à voir donc avec une espèce de tradition centrafricaine, le basket étant un sport très populaire chez les des Fauves du Bas-Oubangui. La famille de Cédric Yambéré est en effet originaire de République centrafricaine. Mais le Bordelais n’y a jamais mis les pieds. « La famille de mes parents y vit, explique-t-il. J’ai surtout un lien familial avec la Centrafrique ».

Cédric Yambéré a suivi, un peu effaré, la guerre confessionnelle qui agite cet Etat grand comme la France mais qui compte seulement 5 millions d’habitants. « Je n’imaginais pas que ça allait exploser à ce point-là, déplore-t-il. Pourtant, je m’intéresse à ce qu’il se passe là-bas. Tant de morts pour un conflit entre Chrétiens et Musulmans, c’est triste. Je peux juste espérer que le pays retrouve son calme ».

« Je ne pense pas à l’équipe de France »

Ce climat de tensions ne devrait pas, en tout cas, empêcher Cédric Yambéré de porter enfin les couleurs de la sélection centrafricaine, après deux années de spéculations. Cela pourrait même être dès les éliminatoires de la Coupe d’Afrique des Nations 2017 ? « C’est une possibilité, glisse-t-il. J’ai toujours dit que je voulais réussir à Bordeaux, jouer régulièrement ici, avant de me prononcer. C’est désormais le cas. Je peux donc rouvrir les discussions pour envisager de rejoindre l’équipe de Centrafrique. Maintenant, j’attends que les choses soient un peu plus claires de mon côté, d’avoir une discussion en face à face avec le sélectionneur et non pas par téléphone. Ils savent où me trouver ».

Une chose est également certaine : Cédric Yamébéré n’attendra pas un appel de Didier Deschamps, le sélectionneur des Bleus. « Je ne pense pas à l’équipe de France, assure-t-il. Je vais discuter avec la Centrafrique ». Ses coéquipiers aux Girondins de Bordeaux, le Malien Cheick Diabaté, le Gabonais André Biyogo Poko ou le Sénégalais Lamine Sané, lui ont vanté les plaisirs du football africain : « Lorsque je les vois partir en sélection pour disputer des matches d’éliminatoires ou des phases finales, c’est vrai que ça donne envie. Ils m’ont dit que la ferveur qu’on trouve en Afrique n’est pas la même que celle en Europe. C’est ce qui me motive, me pousse à jouer pour mon pays. » Voilà une mauvaise nouvelle pour Willy Sagnol qui risque de voir un autre de ses précieux Girondins partir en Afrique.

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