Sunday Oliseh: «Il faut remettre la Fédération nigériane en ordre» - Afrique - RFI

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L'organisation EI parle, via son agence de communication Amaq, de deux de ses «soldats» au sujet des auteurs de la prise d'otage survenue ce mardi matin dans le nord-ouest de la France près de Rouen. L'information est reprise par l'Agence France-Presse.

Sunday Oliseh: «Il faut remettre la Fédération nigériane en ordre»

media Sunday Oliseh. David Kalfa / RFI

Sunday Oliseh, notamment médaillé d'or aux JO d'Atlanta, a annoncé son départ en tant que sélectionneur du Nigeria après huit mois d’exercice. Il a souligné un manque de soutien de la part de sa Fédération et des salaires impayés. Les Super Eagles seront opposés fin mars à l'Egypte pour une double confrontation cruciale dans le cadre des qualifications à la CAN 2017. Sunday Oliseh, l'ancien joueur de la Juventus Turin, a accordé un entretien à RFI.

RFI : Vous avez annoncé votre démission du poste de sélectionneur de l’équipe du Nigeria. Pouvez-vous nous expliquer pourquoi vous quittez votre poste au bout de huit mois ?

Sunday Oliseh : Je souhaite d’abord dire que cela a été un honneur pour moi d’être joueur, capitaine et sélectionneur du Nigeria. Lorsque nous avons signé le contrat, l’objectif était de former une nouvelle équipe, car ces dernières années, ce n’était pas ça (le Nigeria n’a pas été qualifié pour la CAN 2015 en Guinée équatoriale, ndlr). Et je dois dire que c’est une réussite, car nous avons disputé 14 matches et nous n'en avons perdu que deux dont un match amical (14 buts marqués pour 6 encaissés, ndlr). Nous avons aussi gagné trois places au classement Fifa. Et malgré tout ce travail, mes joueurs étaient maltraités. Mes adjoints n’ont pas été payés pendant des mois. En ce qui me concerne, j’ai attendu une fois quatre mois et maintenant voilà trois mois que je n’ai rien reçu. A un moment donné, je me suis dit : « c’est peut-être mieux de rentrer à la maison. »

Est-ce que cela avait bien commencé ou avez-vous été confronté aux problèmes très rapidement ?

Non cela avait bien commencé. Les problèmes sont arrivés en octobre dernier. Il y a eu les histoires de salaires, les primes des joueurs non versées et des équipements qui n’arrivaient pas. Ça commençait à être exagéré.

C’est une forme de trahison ?

Oui. Mais qu’est-ce que l’on peut faire ? C’est notre pays. Nous sommes patriotes et nous avons essayé de faire avec. Mais à un moment donné…

Vous avez été très critiqué après l’élimination de l’équipe du Nigeria au premier tour du Championnat d’Afrique des nations 2016 au Rwanda. Avez-vous été surpris par ce déluge de critiques ?

Oui. J’ai été très surpris, car mon équipe était forte. Nous sommes allés au Chan dans l’idée de former les joueurs locaux. Entre le stage et la fin de la compétition, il s’est passé 40 jours. Et ils étaient épuisés moralement, car ils n’avaient rien. J’ai moi-même acheté des chaussures pour un joueur. En équipe nationale, on ne devrait pas acheter de chaussures, car nous avons un sponsor. C’était dur pour mes joueurs qui ont lâché lors du dernier match. Ils disaient : « Lorsque l’on va rentrer au pays, on n’aura jamais notre argent ». Et à l’heure actuelle, ils attendent toujours de recevoir les primes. Ce sont aussi des êtres humains. Il y a des limites.

Plusieurs de vos prédécesseurs, dont Stephen Keshi, champion d’Afrique 2013 avec les Super Eagles, se sont plaints des conditions de travail lorsqu’on est sélectionneur. Est-ce impossible de travailler sereinement à la tête de l’équipe du Nigeria ?

(Il souffle). C’est dur, c’est très dur. Mais encore une fois, c’est notre pays et on doit faire quelque chose. En tant qu’ancien joueur (dix années comme titulaires, ndlr), je savais que tous ces problèmes existaient. Nous avons essayé d’introduire plein de closes dans le contrat pour essayer d’éviter ça. Mais ils ont violé le contrat très rapidement. J’avais le sentiment d’être le seul qui avait un contrat dans les mains.

Est-ce que les cadres de l’équipe ne pourraient pas taper du poing sur la table ?

Je ne sais pas. Vous savez, ils ont leur métier et ils doivent penser à leur carrière. Je crois qu’il faut remettre la Fédération nigériane de football en ordre. Il n’y a pas d’autre choix. A mon époque, il y avait déjà ce genre de problèmes. Mais nous avions des joueurs exceptionnels qui évoluaient dans les plus grands clubs européens. Et souvent, les talents individuels faisaient la différence. Et c’est peut-être pour cela que nous n’avons jamais été plus loin en Coupe du monde car le travail d'une fédération a son importance dans les résultats (le Nigeria a disputé trois huitièmes de finale en 1994, 1998 et 2014).

Vous quittez votre poste un mois avant une double confrontation cruciale face à l’Egypte, en éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations 2017. N’avez-vous pas peur d’être violemment critiqué pour cela ?

A un moment donné, chacun doit regarder sa vie. Voilà un mois que je demande à préparer cette double confrontation. J’ai demandé des moyens pour aller voir les joueurs à l’étranger. Je n’ai eu aucune réponse ! Au lieu de ça, ils ont viré mes adjoints qui n’étaient pas plus payés depuis plusieurs mois. C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. A un moment donné, je dois aussi penser à moi. Il reste un mois pour préparer cette échéance. Ce n’est pas comme si j’avais annoncé mon départ une semaine avant. Là, cela aurait été malhonnête.

Vous êtes inquiet en ce qui concerne la qualification du Nigeria pour la CAN 2017 au Gabon et la Coupe du Monde 2018 en Russie ?

Non, je crois que cette équipe est costaud et qu’elle peut battre l’Egypte. Avec tout le respect que je dois aux Egyptiens, ce n’est pas la même équipe qu’il y a cinq ans. Je suis optimiste.

Qu’allez-vous faire maintenant que vous n’êtes plus sélectionneur ?

Je suis consultant depuis 2007 (BBC, CNN, Super Sport Afrique, ndlr) et je vais continuer. J’essaye aussi d’être un bon père de famille.

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