L’Ivoirien Serge Aurier, un naturel désarmant et déstabilisant - Afrique - RFI

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L’Ivoirien Serge Aurier, un naturel désarmant et déstabilisant

media L'Ivoirien Serge Aurier avec le Suédois Zlatan Ibrahimovic. REUTERS/Regis Duvignau

Le défenseur Serge Aurier est en pleine tempête médiatique et sportive suite à la diffusion d’une vidéo où il insulte son entraîneur au Paris Saint-Germain (PSG), Laurent Blanc, et certains coéquipiers au PSG. L’Ivoirien, toujours naturel et avenant, a parfois du mal ne pas franchir certaines limites.

« Mes parents recevaient beaucoup de courriers parce que je foutais la merde à l’école et ça, ça les agaçait. » Mars 2014. Serge Aurier, alors défenseur au Toulouse FC, se livre à un monologue au micro de RFI. Dix minutes durant lesquelles l’Ivoirien raconte, sans s’interrompre, ses années de formation au RC Lens… Une volubilité très rare chez un footballeur et un langage fleuri qui trahissent déjà un naturel désarmant.

Sur ses jeunes années, il ajoute, toujours mi-amusé, mi-sérieux : « Je n’avais pas du tout envie de quitter (mon ancien club) Villepinte (pour aller à Lens) parce que j’avais tous mes potes là-bas, en Seine-Saint-Denis, et qu’il n’y a pas mieux que le fait d’être avec tous ses potes. »

Une nouvelle star qui ne se prend pas « au sérieux »

Au cours des deux dernières années, Serge Aurier a disputé la Coupe du monde 2014 avec la Côte d’Ivoire et gagné la Coupe d’Afrique des nations 2015 ; il s’est engagé  avec le Paris Saint-Germain et s’y est imposé après une première saison délicate. Malgré cela, il faut croire que le défenseur est resté le gamin, né en Côte d’Ivoire mais élevé en région parisienne, qui se prend rarement « au sérieux ».

C’est ce qui transparait nettement dans la vidéo de la polémique, diffusée via l’application Periscope, le samedi 13 février 2016. On y voit Serge Aurier et un de ses amis, enchaîner en direct pendant plus de 40 minutes les dédicaces à des fans, des chansons de rap, et des réponses plus ou moins virulentes aux questions des Internautes sur le PSG. Le tout entre deux fou-rires et les vapeurs de narguilé fumé par son « pote ».

Inconscient

Serge Aurier, survêtement du PSG sur les épaules, se montre tantôt humble (« non, je ne suis pas le meilleur latéral droit du monde »), tantôt brutal (« Il [Laurent Blanc] lui prend les couilles [de Zlatan Ibrahimovic] mon frère, il prend tout cousin! »).

Serge Aurier comprend-il que des milliers de personnes suivent alors son direct via Periscope ? Ou est-il habité par un sentiment de toute-puissance et d’impunité ? Depuis le début de la saison, le joueur de 23 ans est en effet noyé sous un déluge permanent d’éloges. Sa réussite et celle du PSG étaient quasi-totales avant cette épisode. Le champion d’Afrique porte les couleurs de son club de cœur ; tout lui réussit, tout le monde l’adore. Dè lors, de qui et de quoi se méfier ?

Fidèle à certains entraîneurs

Ses insultes envers Laurent Blanc sont certes virulentes. Serge Aurier est toutefois loin d’être du genre à tacler tous ses entraineurs. Lors de la Coupe du monde 2014, deux heures après une douloureuse élimination au premier tour, plusieurs cadres s’acharnent sur le sélectionneur au Brésil, Sabri Lamouchi, et sur ses choix tactiques. Pas Serge Aurier qui préfère rendre hommage à celui qui lui a donné sa chance en équipe nationale.

Avant la CAN 2015, il explique que la star de l’équipe de Côte d’Ivoire est le successeur de Lamouchi, Hervé Renard. Durant le tournoi, dans le hall de l’hôtel des Eléphants en Guinée équatoriale, on le voit lâcher à un coéquipier, avec gourmandise, que « le coach, il est malin ».

Un joueur attachant et disponible

Avec les supporters et avec les médias, Serge Aurier est aussi ce qu’on appelle un « bon client ». Toujours souriant, prolixe et disponible. Une attitude qui tranche avec le caractère souvent distant de nombreux joueurs parisiens, regards dédaigneux et valisettes Vuitton rivées à la main.

Après la victoire du PSG en finale de la Coupe de la Ligue 2015, un journaliste parle ainsi à l'arrière latéral de la Ligue des champions, oubliant au passage que l’Ivoirien avait été suspendu pour cette compétition suite à… la diffusion d’une vidéo où il insultait l’arbitre de la rencontre PSG-Chelsea. Loin d’être gêné par ce souvenir, Serge Aurier pouffe de rire au sujet de sa propre bêtise, avant de saisir le smartphone des mains d’un autre reporter pour y rentrer lui-même son numéro de téléphone.

« Ça a été un journée pénible pour moi »

Désormais mis à pied par le PSG, Serge Aurier a toutes les chances d’aller jouer dans un autre club, la saison prochaine, même s'il aimerait que cette affaire soit vite classée. En effet, tout le monde ne partage pas son sens de l’humour au sein du Paris Saint-Germain…

L’ex-Lensois s’est livré à une série de contritions téléguidée par le service de communication du PSG, ce dimanche 14 février. Serge Aurier affirme entre autre avoir compris qu’il avait commis une grosse erreur et qu’il allait en payer les conséquences. « A la base, ce n’était vraiment pas pour faire mal à quelqu’un, même si le mal est fait, a-t-il ainsi résumé au micro de Bruno Salomon, notre confrère de la radio France Bleue Ile-de-France. Ça a été une journée pénible et très longue pour moi parce que j’ai vu des trucs qui m’ont fait mal ». Il ajoute : « Je ne suis pas du tout fier de l’image que je véhicule aujourd’hui. On peut se réfugier derrière l’excuse de la jeunesse, mais les gens ne comprendront jamais. »

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