Florent Ibenge : « C’est très important que le Chan existe » - Afrique - RFI

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Florent Ibenge : « C’est très important que le Chan existe »

media Le Congolais Florent Ibenge durant la CAN 2015. AFP PHOTO / ISSOUF SANOGO

Florent Ibenge, le sélectionneur de l’équipe de la RD Congo, a été reçu triomphalement à Kinshasa, suite à la victoire des Léopards au Championnat d’Afrique des nations (Chan 2016). Pour Radio Foot Internationale, il est revenu sur ce sacre et sa portée pour le football congolais.

RFI : Florent Ibenge, suite à leur victoire au Chan 2016, les Léopards ont été accueillis en héros en RDC puis reçus par la présidence du pays. Etes-vous surpris par cet engouement ?

Florent Ibenge : Pas vraiment. C’est une habitude, ici. Lorsqu’on gagne, a le droit à cet accueil. C’est vraiment un pays de football, passionné. Donc lorsqu’on remporte une grande compétition comme ça, les réactions sont toujours un peu démesurées. C’est tout la population qui sort dans les rues. On s’attendait donc à tout ça, car ceux qui ont gagné l'édition 2009 ont eu le droit au même traitement : le bain de foule et la visite chez le président. […]

Ce mercredi (10 février, Ndlr), comme on a consacré peu de temps au bain de foule, on va présenter le trophée au Stade des martyrs (de Kinshasa). On va faire le tour des communes et des capitales de provinces dans les jours qui viennent.

Ce Chan 2016 vous a-t-il permis de découvrir de nouveaux joueurs pour l’équipe nationale A, en vue des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations 2017 et celles de la Coupe du monde 2018 ?

Le Chan a permis à certains joueurs de se révéler. C’est très important que cette compétition existe pour les pays africains. Car on n’a pas toujours l’occasion d’avoir ces affrontements, qui font office de repères pour le football local. […] ça permet de mettre en lumière tous ces joueurs évoluant dans des championnats nationaux qui ne sont pas télévisés. Ça leur donne une expérience supplémentaire qui peut les amener beaucoup plus facilement en équipe nationale A. Le fait de disputer des compétitions internationales comme le Chan est important lorsqu’on veut arriver à un niveau supérieur. […]

Soit dit en passant, lorsqu’on regarde le Chan actuel, il ressemble à la CAN d’il y a quelques années, lorsqu’il y avait moins de footballeurs africains professionnels.

Le club que vous entraînez, l’AS Vita Club, a atteint la finale de la Ligue des champions en 2014. Le Tout Puissant Mazembe, un autre club congolais, a remporté cette prestigieuse compétition en 2015. L’équipe nationale A a fini 3e de la dernière Coupe d’Afrique des nations. Quant à l’équipe nationale locale, elle a gagné les Chan 2009 et 2016. Le football congolais est-il le meilleur du continent, sur le plan local ?

On est les meilleurs avec l’Algérie, qui a aussi atteint les finales des deux dernières Ligue des champions. […] Il y a d’autres pays comme la Tunisie, l’Egypte et le Soudan qui atteignent régulièrement les demi-finales des compétitions interclubs.

Logiquement, lorsqu’on a des clubs qui atteignent le dernier carré de ces compétitions, on doit avoir une équipe nationale qui joue au plus haut niveau. C’est en tout cas notre objectif. On visait au minimum les demi-finales de ce Chan. On l’a remporté et c’est tant mieux.

On a un peu d’avance sur les autres, malgré le peu de moyens dont on dispose, en comparaison avec les pays que j’ai cité. Ils ont plus de moyens que nous et une formation plus solide. Leurs clubs disposent souvent de sections pour les jeunes qui brillent ensuite durant les Coupes du monde des moins de 17 ans et des moins de 20 ans, comme le Mali, la Guinée ou le Ghana.

Nous n’avons pas encore ces structures, mais nous disposons de beaucoup de talents. […] Dans notre pays, la formation se fait un peu toute seule, sans être bien réfléchie. Donc, on arrive à détecter des joueurs qui ont des qualités, qui se sont presque formé tous seuls. Mais tactiquement, ils ont encore un peu de mal. Or, lorsqu’on arrive à mettre un peu de discipline tactique, on peut aller loin avec ces joueurs-là. […]

Les observateurs sont un peu surpris par tout ça, car il n’y a pas de prospection dans notre pays. Je ne comprends pas trop pourquoi… En Europe, on voit beaucoup de joueurs venus du Sénégal, du Mali, de la Guinée, d’Algérie mais peu du Congo. La plupart des Congolais qu’on voit en Europe y ont grandi. Les recruteurs ne viennent pas chercher les joueurs en RDC alors que le talent est là.

Tous propos recueillis par Radio Foot Internationale

CHAN 2016: LE DOSSIER DE RFI

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