Togo: Kodjovi Obilalé, foudroyé, mais toujours debout - Afrique foot - RFI

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Togo: Kodjovi Obilalé, foudroyé, mais toujours debout

media Kodjovi Obilalé en 2009. AFP PHOTO Jean-Philippe TRANVOUEZ / FREESTINS

Kodjovi Obilalé, l’ancien gardien de but des Eperviers du Togo, qui a été grièvement blessé le 8 janvier 2010 dans l’attaque rebelle essuyée par le convoi de l'équipe du Togo à Cabinda en Angola, revient sur son histoire. Dans un ouvrage intitulé Un destin foudroyé, l’ancien gardien du club amateur de Pontivy raconte son calvaire et ses espoirs.

L’homme n’est jamais aussi fort que face à l’adversité. Pourtant, Kodjovi Obilalé est passé par des moments indescriptibles, que seul lui peut comprendre. En route pour l'Angola et la coupe d'Afrique des Nations, le bus de la sélection du Togo tombe dans une embuscade. Les rafales des séparatistes de la province du Cabinda vont faire 3 morts et 7 blessés, dont lui.

Des mains tendues comme celles d’Adebayor ou Eto’o

« A la suite de l'attentat, pendant des mois, j'ai éprouvé la sensation d'être un mort-vivant. Un intense sentiment de vide et d'inutilité. Le temps s'étirait pour bien me mettre sous le nez que ma vie était foutue », écrit-il dans son ouvrage. « On m'avait jeté sur le bord de la route et l'humanité tout entière poursuivait son chemin », explique Obilalé.

Sa vie d’avant s’est dérobée sous ses pieds. Kodjovi Obilalé était joueur de foot et c’est son corps, toujours en mouvement, qui le faisait vivre. D’un seul coup, le temps s’est arrêté et son corps n’était plus que souffrance. C’est ce qu’explique sans tabou ni langue de bois l’ex-gardien dans Un destin foudroyé. Kodjovi Obilalé, qui a survécu malgré les folles rumeurs de sa mort, passe en revue son enfance, son hospitalisation en Afrique du Sud, sa galère pour être rapatrié en France et sa reconstruction.

Il parle de ceux qui lui ont tendu la main comme son capitaine Emmanuel Adebayor, présent à l’époque pour l’aider financièrement, tout comme le Camerounais Samuel Eto’o. Il remercie son père d’adoption Christian Gourcuff ou encore la Fédération française de football qui lui a permis de revenir en France après son séjour à l’hôpital de Johannesburg. Il n’oublie pas non plus les médias dont RFI, qui ont largement relayé son histoire.

Kodjovi Obilalé, qui a été plus ou moins ballotté par des agents peu scrupuleux, veut mettre en garde les jeunes Africains qui croient au monde merveilleux du football sur le continent européen. « Je veux faire passer un message à mes frères qui rêvent d’une carrière en Europe. Je leur dis de privilégier avant tout les études pour avoir un bagage professionnel avant de tenter l’aventure », explique-t-il. « Pour moi, c’était soit l’école ou les crampons. Je voulais aller au bout de mes rêves. Mais ce n’était peut-être pas mon destin. Maintenant, je relativise », souffle-t-il.

« Privilégier l’argent avant l’humain, je trouve cela dégueulasse »

DR

Le temps a fait son travail et Kodjovi Obilalé a su trouver les mots pour conter son histoire et oublier le monde du ballon rond et ses excès. Il se sent mieux même si comme tout le monde, il peut avoir des « coups de blues ». Notamment quand il pense à la Confédération africaine de football qui a « voulu privilégier sa compétition et ses sponsors et ne voulait pas gâcher la fête » au moment où le Togo annonçait son retrait de la CAN 2010. Résultat, une suspension de quatre années pour les Éperviers. La FIFA et la pression des médias feront changer d’avis l’instance du football africain. « Privilégier l’argent avant l’humain, je trouve cela dégueulasse », lance Obilalé qui a du mal à contenir sa colère face à l’incapacité à l’époque de la Fédération togolaise de solutionner au plus vite tous les problèmes engendrés par cette attaque. « J’ai encore la passion du jeu dans le foot. Mais les gens qui dirigent le football ne sont plus les bonnes personnes », lâche-t-il.

Si Kodjovi Obilalé ne peut rien oublier de ses épisodes de vie dramatiques, « mes cicatrices et mes béquilles me rappellent par où je suis passé », il a passé un cap avec l’écriture de cet ouvrage. Il a « vidé son sac » pour se sentir « plus léger ». « C'est gravé à vie mais il va beaucoup mieux », nous raconte son ami et ancien coéquipier Alaixys Romao. Ce joueur de l'OM ajoute : « Avant, il en parlait tout le temps mais maintenant, ça devient de plus ne plus rare. Il a mis du temps pour écrire son livre et ça lui a fait beaucoup de bien. » 

Désormais, Kodjovi Obilalé a un avenir à construire sur cette terre de Bretagne qu'il adore. « Depuis que j’ai arrêté le foot, ce qui m’a le plus marqué, c’est la paix que j’ai trouvée en moi. Je vois les choses autrement. Je suis un autre homme. Je sais que tout peut s’arrêter et désormais, j’en suis conscient. Le reste n’est que futilité. » L’avenir, il le voit dans son jardin « entouré d’enfants » à la recherche du « grand B ». Un bonheur qu’il souhaite trouver dans une vie « simple ».

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