FIFA: Issa Hayatou enfin président, mais pour un intérim périlleux - Afrique foot - RFI

Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.

FIFA: Issa Hayatou enfin président, mais pour un intérim périlleux

media Issa Hayatou aux côtés de Joseph Blatter. AFP PHOTO / KHALED DESOUKI

Avec la mise à l’écart de Joseph Blatter ce jeudi 8 octobre, le Camerounais Issa Hayatou, 69 ans, devient le président intérimaire de la Fédération internationale de football (FIFA) jusqu’à l’élection d’un successeur le 26 février 2016. Cette situation ressemble davantage à un cadeau empoisonné pour le patron du foot africain, qui a longtemps rêvé de diriger la FIFA.

A 69 ans, Issa Hayatou est enfin le président de la Fédération internationale de football (FIFA). Mais cette promotion ressemble davantage à un cauchemar qu’à un rêve pour celui qui dirige la Confédération africaine de football (CAF) depuis 1988. Le Camerounais, en tant que premier vice-président de la FIFA, succède en effet à Joseph Blatter pour un intérim périlleux de quatre mois.

« Sepp » Blatter a été écarté de ses fonctions par la Commission d’éthique de la Fifa pour au minimum 90 jours. Le Suisse de 79 ans, président de la Fifa depuis 1998, est entre autre soupçonné de « gestion déloyale » par la justice helvète. Cerné par les scandales, ce dernier avait déjà dû renoncer à son cinquième mandat, le 2 juin, quelques jours seulement après avoir été réélu dans un climat délétère. Il avait par la suite réitéré son intention d’expédier les affaires courantes jusqu’à la désignation d’un successeur, le 26 février 2016.

Une petite revanche au goût très amer

Issa Hayatou remplace donc dans cette optique un Blatter qui l’avait battu pour la présidence de la FIFA en 2002. Le patron de la CAF n’a jamais digéré cette défaite. Car de nombreux délégués africains avaient alors voté pour le Suisse. Lors de sa dernière réélection à la tête de la Confédération africaine, en mars 2013, Issa Hayatou avait fait comprendre qu’il pardonnait mais n’oubliait pas cette affaire.

Entre 2000 et 2015, de l’eau a toutefois coulé sous les ponts. Une Coupe du monde a eu lieu pour la première fois sur le continent, en 2010 en Afrique du Sud. Issa Hayatou et Joseph Blatter ont donc appris à travailler ensemble, devenant des alliés quasi-indéfectibles.

Une image brouillée

Issa Hayatou est toutefois loin de prendre les commandes dans un contexte favorable. La FIFA est agitée depuis quatre mois par plusieurs scandales. Le Camerounais, actuel président de la commission des finances de l’institution, n’a jamais été inculpé. Mais les médias anglo-saxons l’ont régulièrement accusé de corruption et de népotisme. « Bien sûr qu’Hayatou est corrompu, lance ainsi le journaliste écossais Andrew Jennings, qui a longuement enquêté sur la FIFA. J’ai son nom sur les listes des gens qui ont reçu des pots-de-vin par ISL (une société marketing mise en faillite en 2001, Ndlr) ». Mais pour le moment, beaucoup de monde est tombé sur lui.

L’ancien dirigeant de la Fédération camerounaise (Fécafoot) a toujours affirmé qu’ISL lui avait en fait versé quelques 15.000 euros pour le quarantième anniversaire de la CAF. Le Comité international olympique (CIO), dont Hayatou est également membre, lui avait néanmoins infligé un blâme en 2011, assimilant cette pratique à un conflit d’intérêt.

La communication de crise, son point faible

Issa Hayatou, qui pourrait se présenter pour un huitième mandat à la tête de la CAF en 2017, souffre d’un autre handicap dans sa nouvelle mission. Dirigeant à poigne et pugnace, homme de réseaux, le Camerounais est en revanche peu à l’aise avec la communication de crise. Tout le contraire d’un Joseph Blatter, incroyablement habile pour esquiver les sujets qui fâchent.

Issa Hayatou, lui, apprécie parfois peu les médias, notamment européens. Il leur reproche une attitude moralisatrice et néocoloniale. C’est pourtant avec les médias que le chef intérimaire de la FIFA va devoir largement composer jusqu’au prochain congrès électif. Il devra en outre continuer à défendre la tenue contestée d’une Coupe du monde 2022 au Qatar, l’Emirat étant devenu un soutien de la CAF.

Reste enfin à savoir comment Issa Hayatou supportera sa nouvelle fonction. L’intéressé est diminué depuis de nombreuses années par des ennuis de santé. Or les quatre prochains mois ne seront pas une sinécure…


La déclaration d’Issa Hayatou, président de la FIFA par intérim publié sur le site internet de l’institution

« En ces circonstances exceptionnelles, je reprends aujourd’hui, jeudi 8 octobre 2015, le poste de Président de la FIFA conformément aux articles 30, al. 6 et 32, al. 6 des Statuts de la FIFA. J’occuperai cette fonction uniquement à titre intérimaire. Le Congrès extraordinaire choisira le 26 février 2016 un nouveau Président et je ne serai moi-même pas candidat à cette élection.

Sachez qu’à compter d’aujourd’hui et jusqu’à la tenue de ce Congrès extraordinaire, je m’engage pleinement à assumer cette tâche et consacrerai tous mes efforts à l’organisation, les associations membres, nos employés, nos précieux partenaires ainsi qu’aux supporters du monde entier. La FIFA reste pleinement engagée dans le processus de réformes, lequel a besoin du soutien et de l’adhésion du public. Nous continuerons de coopérer pleinement avec les autorités et de suivre l’enquête interne, quelles que soient ses conclusions.

Le football n’a jamais joui d’une telle ferveur dans le monde entier et toute personne associée à la FIFA doit en être fier. »

Chronologie et chiffres clés
Sur le même sujet
Commentaires
 
Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.