Patrice Neveu: «J'ai encore la foi et énormément envie de vibrer» - Afrique foot - RFI

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Patrice Neveu: «J'ai encore la foi et énormément envie de vibrer»

media Patrice Neveu, l'ancien sélectionneur français de l'équipe de Mauritanie. AFP PHOTO/KARIM JAAFAR

Toujours à la recherche d’un banc de touche depuis son départ de la Mauritanie l’an passé, Patrice Neveu, 60 ans, ne compte pas quitter l’Afrique de sitôt. L’ex-sélectionneur de la Guinée (2004-2006) et de la RDC (2008-2010), candidat au poste finalement attribué à Alain Giresse au Mali, évoque sa passion et sa tendresse pour ce continent.

RFI : Depuis votre départ de la Mauritanie en août 2014, le terrain vous manque-t-il ?

Patrice Neveu : Complètement ! La coupure m’a permis de me refaire une santé. Cela faisait pas mal de temps que je baroudais. Mais le temps devient long et le terrain me manque fortement. La phase des éliminatoires (pour la CAN 2017) débute en juin, il reste encore quelques mois avant que les fédérations ne fassent leur choix.

Vous avez justement fait quelques appels du pied récemment. Retrouver un poste de sélectionneur est donc votre objectif d’ici-là ?

Certains entraîneurs qui ont travaillé en France se disent « intéressés » par certains challenges alors que l'on sait comment cela fonctionne dans le milieu. Depuis quinze ans, je travaille en Afrique, je suis connu par les responsables des fédérations. Lorsqu’un poste est vacant, il est vrai que mon nom revient souvent. Mais je ne vais pas prendre n’importe quel challenge non plus. Anigo était intéressé par le Mali, moi aussi, mais le choix s’est porté sur Alain Giresse, même si j’ai eu des échanges avec des dirigeants maliens.

Etes-vous déçu d’avoir manqué cette opportunité ?

Il faut l’accepter. Je souhaite bonne chance à Alain. Mais j’avais bien ciblé les forces de cette sélection et de ce pays. Entraîner une sélection de ce calibre m’intéressait beaucoup. Après avoir travaillé avec la Guinée et la RDC, je pense avoir montré des dispositions. Là, c’était l’opportunité pour, éventuellement, se qualifier pour une Coupe du monde.

Le Mali, le Sénégal ou la Côte d’Ivoire ont déjà nommé ou conservé leur sélectionneur. Ne craignez-vous pas de ne pas trouver une sélection de ce calibre ?

Je ne suis pas inquiet. Si le choix s’est porté sur d’autres, c’est un peu le destin. Il ne faut pas se résigner. Il reste des nations intéressantes (Ndlr : comme le Togo à la recherche toujours d’un sélectionneur) pour s’épanouir et faire valoir ses qualités de compétiteur avec des nations au potentiel peut-être moins important au départ, mais avec lesquelles on peut prendre énormément de plaisir.

Je pense faire partie de ces entraîneurs qui ont démontré sur l’Afrique leur capacité

Si Hervé Renard décide finalement de quitter les Eléphants, serez-vous candidat à son remplacement ? De grands noms européens devraient également l’être…

J’y reste attentif. Hervé a fait la démonstration en quelques années de tout son potentiel. D’après ce que je sais, il aspire à entraîner une grande équipe européenne. C’est évident, il en a le potentiel, il l’a démontré lors de la CAN en manageant magnifiquement la Côte d’Ivoire qui est composée de grands joueurs. On parle de grands noms, mais je reste interrogatif. Hervé a montré que l’on pouvait réussir en Europe et en Afrique, mais très peu en sont capables. Beaucoup ont été brillants en Europe avant de rencontrer énormément de difficultés sur le continent africain. Je pense faire partie de ces entraîneurs qui ont démontré sur l’Afrique leur capacité.

Vous n’êtes donc pas prêt à quitter l’Afrique ?

Non, c’est vraiment un continent auquel je suis très attaché. J’y retrouve beaucoup de valeurs qui ont disparu en France.

Lesquelles ?

La simplicité, le partage, la joie de vivre, mais aussi ces rassemblements lors des matchs internationaux qui sont une grande fête. Aujourd’hui, en France, je vois plus de morosité. Peut-être est-ce lié au climat qui entoure le football. J’aime cette liberté dans le foot africain ainsi que ce potentiel énorme. Lorsque tu atteins des résultats avec ton équipe, tu vis des émotions particulières. Je souhaite en revivre d’autres.

En France, le foot manquerait-il de sourires ?

J’aime cette liberté dans le foot africain ainsi que ce potentiel énorme. Lorsque tu atteins des résultats avec ton équipe, tu vis des émotions particulières

Je suis issu d’une autre génération. Depuis mon passage en tant que joueur dans les années 70 et jusqu’en 88, le foot a muté dans son ensemble, tant au niveau du comportement des joueurs mais aussi des spectateurs. Certes, les gens assistent à de grands matchs, mais il y a beaucoup moins de fraternité et cet esprit particulier autour des équipes. Il reste encore des clubs de ce type, comme Saint-Etienne ou Lens, mais on ne vit plus les grandes ambiances d’autrefois.

Un retour en France est donc exclu ?

Oui. J’ai eu des contacts il y a quelques temps avec des clubs de deuxième division mais je n’ai pas du tout donné suite. Je souhaite vraiment exercer à l’étranger.

Vous évoquiez le potentiel du football africain, néanmoins, la dernière CAN a été plutôt décevante en termes de jeu. Pourquoi ce continent a du mal à passer un cap ?

Il manque au continent africain un titre mondial ou des exploits comme ceux accomplis par le Cameroun dans les années 90. Mais j’ai trouvé la dernière CAN plutôt intéressante, les seize équipes étaient assez proches l’une de l’autre. Chacun analyse à sa façon, mais j’ai vu des matchs de qualité. Le continent se professionnalise à travers les clubs, c’est une bonne chose, mais ça demande un peu plus de temps qu’en Europe ou en Asie car il y a moins de moyens. Mais il y a des investisseurs en Afrique, notamment en Guinée, ce n’était pas le cas lorsque j’y étais de 2004 à 2006.

A quelle échéance imaginez-vous un titre mondial pour un pays africain ?

Un titre ou une demi-finale pour faire ressortir les valeurs de ce continent. On sait que le titre, ça viendra probablement un jour. Au dernier Mondial, l’Algérie a réalisé une belle compétition. Le continent africain progresse.

Lors de cette CAN, vous avez été consultant pour Canal+. Comment avez-vous trouvé cette expérience inédite pour vous ?

Ça m’a plu, c’était très intéressant. J’avais bien bossé avant de passer sur le plateau. Mais c’est un véritable métier. J’ai fait quelques piges avec grand plaisir, mais ce n’est pas mon job. J’ai encore la foi et énormément envie de vibrer avec mes joueurs. Je suis entraîneur et je compte le rester.

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