Bilan Mondial 2014 : Alain Giresse « plein de regrets » pour l’Afrique - Afrique foot - RFI

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Un policier a déjoué une attaque-suicide devant un commissariat ce dimanche 26 février au soir à Constantine, dans l'est de l'Algérie, en tirant sur la ceinture explosive portée par le kamikaze qui s'est alors déclenchée. Les autorités n'ont pas précisé si l'assaillant avait été tué ou blessé par l'explosion. Selon les médias locaux, deux policiers ont été blessés. Au moment de l'attaque, qui s'est produite vers 21H00 (20H00 GMT), une forte explosion a été entendue près de ce commissariat du centre de Constantine, selon l'agence de presse APS.

Bilan Mondial 2014 : Alain Giresse « plein de regrets » pour l’Afrique

media Alain Giresse a perdu deux demi-finales de Coupe du monde en tant que joueur face à l'Allemagne. AFP PHOTO / MAMADOU TOURE BEHAN

Observateur attentif de la Coupe du monde au Brésil, le sélectionneur du Sénégal Alain Giresse, demi-finaliste avec la France en 1982 et 1986, n’est pas étonné de la victoire de l’Allemagne. Il est déçu en revanche par le bilan d’ensemble des sélections africaines qui n’ont pas exploité leur potentiel. Il s'en explique sur RFI.

L’Allemagne championne du monde, c’était dans vos pronostics ou c’est une surprise ?
Dans mes pronostics ? Oui. Un peu comme à chaque fois dans une Coupe du monde, on met l’Allemagne comme faisant partie des favoris, surtout quand on pense qu’ils en étaient à leur huitième finale. C’est un pays qui est assez constant même s’ils n’avaient plus gagné le Mondial depuis1990. Après, si vous me demandez sur un plan tout à fait personnel, en fonction du souvenir d’un certain match (1), ce n’est pas forcément mon équipe favorite (rire). Ceci dit, ils ont démontré qu’il n’y avait rien à redire, de mon point de vue, sur leur victoire.

Mario Götze, symbole du triomphe allemand au Brésil.

Quelles équipes attendiez-vous, à part l’Allemagne ?
Je pensais que le Brésil, dans la foulée de sa Coupe des confédérations, allait être au rendez-vous et l’Argentine également. Et puis j’attendais avec curiosité le comportement des équipes sud-américaines. Sachant que cette Coupe du monde se jouait sur le continent sud-américain, est-ce qu’ils allaient profiter de l’avantage du terrain ? Ça a failli se faire quand on pense à la Colombie, au Chili ou au Mexique qui sont des équipes qui ne sont pas passées loin d’un parcours plus long dans la compétition.

Qu’avez-vous pensé du parcours des Bleus ?
C’est un parcours très intéressant. D’abord, il est satisfaisant et il devient intéressant dans la perspective de l’Euro 2016. J’ai bien apprécié l’esprit dans lequel cette équipe a évolué, la façon dont elle a abordé ses matchs, la façon dont elle les a joués, avec une unité, un collectif. Les bases sont bonnes. Il y a de la jeunesse dans cette équipe qui a besoin de s’étoffer. Après, on a besoin d’avoir une capacité à pouvoir être meilleurs dans la finition, pour passer au niveau supérieur. Les générations sont les générations, ils vivent à leur façon mais à chaque époque, on a besoin de respecter le football et le sport dans la façon dont on aborde les matchs. Le football demande quand même certains engagements, certaine valeurs et certaines vertus. Et je crois que l’équipe de France dans cette Coupe du monde les a démontrées.

En tant que sélectionneur du Sénégal, que pensez-vous du parcours des équipes africaines pendant cette Coupe du monde au Brésil ?
Oh là, oh là ! (il feint de s’emporter). Non mais ce qui est regrettable – je connais un petit peu l’Afrique maintenant – c’est toujours l’éternel problème avec des équipes qui ont du potentiel, qui ont de la qualité mais qui, par des à-côtés, des problèmes extra-sportifs, se créent des problèmes. Il y a la question des primes mais les problèmes d’organisation, c’est un point sensible qui est souvent négligé. On estime qu’il n’y a que le terrain qui va régler les problèmes. Or, ce n‘est pas vrai ! Le terrain ne pourra bien fonctionner - surtout au niveau d’une Coupe du monde - que si, avant, tout a été mis en place pour que, justement, après, le terrain apporte sa réponse. Prenez le Ghana, vous vous rendez compte ! Le match qu’ils font contre l’Allemagne et où ils se retrouvent privés de Boateng et de Muntari - des joueurs qui sont importants - pour leur troisième match, parce qu’il y a eu des problèmes en coulisse ! Le Cameroun, je n’en parle pas. Et on a eu même le Nigeria qui, pour couronner le tout, est maintenant suspendu par la Fifa (2). Moi je le sais, en Afrique le débat c’est : « comment n’arrivons-nous pas à atteindre les demi-finales de la Coupe du monde ? ». Moi je réponds : « est-ce que nous sommes capables – et je m’inclus dans la question, faisant moi-même partie d’une sélection africaine - de présenter une organisation digne d’une Coupe du monde ? » Une Coupe du monde, ce n’est pas rien ! Et voilà. Le problème, il est là, malheureusement.

Le Nigérian Ahmed Mussa, auteur de deux buts contre l'Argentine.

On note quand même que, pour la première fois, il y avait deux équipes africaines en 1/8e de finale, l’Algérie et le Nigeria. Mais leur parcours a été un peu occulté par les problèmes des autres équipes …
Eh bien sûr que ça gâche le tableau ! En plus de sortir de sa poule, l’Algérie a fait un très bon match contre l’Allemagne. Le Nigeria s’est battu valeureusement contre la France. Mais le Ghana ! Sur leur production, ils avaient quand même la possibilité de se faufiler et de se retrouver en 1/8e de finale ! C’est un constat terrible parce qu’il est plein de regrets et d’amertume pour les équipes africaines. Et c’est dommage.

Lionel Messi désigné meilleur joueur du tournoi ? C’est aussi votre avis ?
Non. Et je suis tout à fait à l’aise et totalement objectif car vous pouvez bien imaginer que, moi, j’ai une sensibilité particulière pour Messi, son jeu et tout ce qu’il démontre. Mais si je suis objectif, non, on ne peut pas le désigner meilleur joueur du tournoi. Après, c’est toujours subjectif de tirer d’un sport collectif un individu, surtout qu’on ne peut pas dire que, dans cette Coupe du monde, il y ait eu le joueur, l’individualité qui, tout d’un coup, a vraiment hissé son équipe. La preuve, c’est que c’est plus un collectif qui a gagné - l’Allemagne - plutôt qu’une individualité comme Maradona à son époque. Cristiano Ronaldo par exemple n’a pas résisté aux insuffisances de son équipe et il est passé au travers. Robben a fait un super parcours, Müller aussi mais c’est difficile dans cette Coupe du monde. James Rodriguez m’a plu aussi mais plus sur la confirmation d’un talent à éclore que comme un joueur déjà d’une très grande dimension.

(1) il est l'auteur du 3e but des Bleus lors de la demi-finale France-Allemagne de 1982 (3-3, défaite de la France aux tirs au but)
(2) le 9 juillet, la Fifa a suspendu la Fédération de football du Nigeria (NFF) à titre conservatoire, en raison d'une ingérence gouvernementale

 

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