Mondial 2014 : un coach Vahid pour les Fennecs d'Algérie - MFI - RFI

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Mondial 2014 : un coach Vahid pour les Fennecs d'Algérie

media La franchise de Vahid Halilhodzic reste son principal trait de caractère. Reuters/Denis Balibouse

Il fait partie des cinq coach « africains ». Vahid Halilhodzic, personnage de roman, vit son rêve avec l'Algérie. Le Bosnien participe à sa première Coupe du monde en tant que sélectionneur.

Une forme de revanche pour celui qui avait été écarté de l’équipe de Côte d’Ivoire avant le Mondial 2010, alors qu’il avait qualifié les Eléphants.

« Coach Vahid » est un drôle de personnage. Quelques jours avant de s’envoler pour le Brésil, devant le président de la Fédération algérienne, Mohamed Raouraoua, le Bosnien est capable de se déhancher sur un tube de Khaled. Mais cette anecdote est loin de refléter l'image qui lui colle à la peau, car Vahid Halilhodzic est aussi un personnage au verbe haut : il n’hésite pas à tancer un de ses joueurs ou à vous faire comprendre que c’est lui qui a le dernier mot.

Même s’il a du mal à supporter cette réputation, Vahid Halilhodzic est un homme à poigne. Une poigne qui a permis à l’Algérie de se qualifier pour un deuxième Mondial consécutif, chose inespérée après une Coupe du Monde 2010 « tristounette » en Afrique du Sud. Pour assoir son autorité, l'ancien entraîneur du Paris Saint-Germain n’hésite jamais à remettre les pendules à l’heure. Il est capable de se passer d’un joueur vedette ou d'affronter le président de la fédération.

Le talent n'est rien sans la discipline

Il y a quelques mois, Vahid Halilhodzic a refusé à Mohamed Raouraoua de prolonger son contrat, arguant qu'il fallait attendre la fin du Mondial pour prendre une décision. La tension était vive entre les deux hommes. Il s’est aussi souvent mis à dos les journalistes algériens qui contestent régulièrement ses choix. Parfois même, ses conférences de presse prennent l'allure d'un réquisitoire... Dans les années 2000, Vahid Halilhodzic a ainsi eu droit à sa marionnette au Guignols de l’info sur Canal +. Une consécration médiatique en France : « Demain, joueurs faire 150 tours terrain avec sacs ciment sur épaules tout nu dans la neige », lui faisait-on dire.

Vahid Halilhodzic au Centre sportif national de Sidi Moussa près d'Alger, le 26 mai 2014. REUTERS/Ramzi Boudina

Avec son accent et ses fautes de Français - « je ne suis pas une langue de bois » -, sa franchise reste son principal trait de caractère. « Si on est gentil avec moi, je suis gentil. Mais je n’aime ni les menteurs, ni les tricheurs », racontait en 2005 au mensuel So Foot cet écorché vif, quelques mois après son éviction du PSG. Pour le « coach Vahid », décoré de la Légion d'honneur, le talent n’est rien sans la discipline.

Le personnage est souvent décrit comme froid et distant. Mais il lui arrive de faire tomber le masque. Au soir de la qualification pour le Mondial 2014, le 19 novembre 2013, après un match tendu contre le Burkina Faso (1-0), Vahid Halilhodzic n'a-t-il pas fondu en larmes dans l’arène surchauffée de Blida, le sanctuaire de l'équipe d'Algérie ?

La Côte d’Ivoire, un passé pesant

Pour le Mondial 2010 en Afrique du Sud, cet homme passionné par son sport avait qualifié la Côte d’Ivoire. Sauf que la Fédération ivoirienne l'a débarqué sans ménagement. On lui reprochait un quart de finale perdu contre l’Algérie lors de la Coupe d'Afrique des Nations 2010 en Angola. Avec les Eléphants, il avait pourtant aligné 23 matches sans défaite. La cicatrice n’est toujours pas refermée... Ironie du sort, c’est avec les Algériens qu’il va vivre sa première Coupe du monde comme entraîneur. Comme un chat, « Coach Vahid » retombe toujours sur ses pieds.

Si l’ancien entraîneur de Lille tient à rendre fier le peuple algérien, il y a bien évidemment un goût de revanche dans l'air. « Vous savez, j’ai participé à la Coupe du monde en tant que joueur en 1982, ensuite, j’ai qualifié la Côte d’Ivoire comme entraîneur, sans pouvoir y aller. C’est pour cela que j’ai accepté ce challenge, nous avait-il confié avant la qualification. Je crois que l’Algérie, c’est l'un des projets les plus difficiles de ma carrière d’entraîneur et je suis investi à fond ».

Vahid Halilhodzic a été appelé à la tête des Fennecs en juin 2011. Avec ses costumes sombres et ses chemises blanches, il a transformé la sélection. « Aujourd’hui, notre jeu a changé et nous sommes plus portés vers l’avant. Même si notre coach aime avoir une bonne assise défensive, il prend plus de risque. Vous avez vu que lors de la phase de qualification, nous avons marqué quand même pas mal de buts », a récemment déclaré à RFI Mehdi Mostefa, l’ancien milieu défensif d’Ajaccio.

Vahid Halilhodzic au Burkina Faso. AFP / Farouk Batiche

A Mostar, enfance et guerre fratricide

Après une brillante carrière d'avant-centre - deux fois meilleur buteur du Championnat de France avec Nantes -, Vahid Halilhodzic était rentré en Yougoslavie en 1987. C'est là, à Mostar, qu'il s’était révélé seize ans plus tôt au grand public. À l’époque, le Velez Mostar était une des équipes phares du championnat yougoslave. À la pointe de l'attaque du Velez, il était considéré comme l'un des meilleurs attaquants d'Europe.

Mais Mostar, ville de son enfance, a aussi été le théâtre d’affrontements fratricides lors du conflit des Balkans au milieu des années 1990. Aujourd’hui, son regard souvent sombre semble meurtri par cette guerre qui a décimé son pays. « Pendant un an et demi, j'ai vu des atrocités, des choses que l'on croyait réservées aux livres d'histoire », avait-il confessé. Une légende voudrait qu’il se soit tiré une balle dans les fesses pour éviter de s’engager avec les milices bosniaques… Comme il le raconte dans So Foot, Halilhodzic n’a jamais voulu « tomber dans la tentation du nationalisme meurtrier ». Un sujet qui reste tabou.

« J'aime mes joueurs. Ils souffrent avec moi, je souffre avec eux », a-t-il dit un jour alors qu’il entraînait Lille. Au Brésil, si le « coach Vahid » arrive à qualifier l’Algérie pour le second tour, ce qui n'est jamais arrivé en trois participations, on risque de le voir danser la Samba. Et si, cette fois, tout le monde dansait avec lui...

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