Mehdi Mostefa: «Le Mondial, c’est l'aboutissement d'une carrière» - Afrique foot - RFI

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Mehdi Mostefa: «Le Mondial, c’est l'aboutissement d'une carrière»

media Mehdi Mostefa (d.) en duel avec le Tunisien Youssef Msakni lors de la CAN 2013 en Afrique du Sud. AFP PHOTO / ALEXANDER JOE

Évoluant au poste de milieu défensif au sein de l'effectif de l'AC Ajaccio ces trois dernières années, Mehdi Mostefa a été appelé dans un groupe de 25 pour le premier rassemblement de l’Algérie en vue du Mondial 2014. Avant de s’envoler mardi 20 mai pour rejoindre ses coéquipiers en Algérie pour le début de la préparation, Mostefa, qui compte 22 sélections avec les Verts, a accordé un entretien à RFI.

RFI : En 2011, à 27 ans, sur le tard, vous accédiez à l’élite du football français. A l’époque, vous nous aviez dit : « C’est le moment ou jamais ». Comment se sont passées ces trois saisons en Ligue 1 ?

Mehdi Mostefa : J’étais content de venir en Ligue 1. Je savais que cela allait être difficile parce que nous allions jouer le maintien avec Ajaccio. Mais ça allait aussi avec mon tempérament. Les deux premières années, on s’est maintenu à la dernière minute et cette saison a été catastrophique, car on a très mal commencé le championnat et à la trêve nous étions déjà presque condamnés. Je termine ma troisième année à Ajaccio avec beaucoup de regrets.

Et quelles sont désormais vos ambitions pour la suite de votre carrière ?

Avec Ajaccio, j’ai joué 101 matches. Et j’ambitionne de continuer à ce niveau-là. Je vais voir ce qui va se présenter et même si c’est à l’étranger, je suis ouvert. Pour être honnête, pour le moment j’accuse un peu le coup de cette descente même si c’était écrit. C’est triste de laisser un club qui redescend en Ligue 2. Je n’oublierai jamais que c’est Ajaccio qui m’a donné ma chance.

A 30 ans, vous allez certainement disputer votre première Coupe du monde au Brésil. On a l’impression que le temps s’est accéléré pour vous. Vous êtes dans quel état d’esprit ?

Je me rends compte de la chance que j’ai de découvrir une telle compétition. Pour un joueur de football, c’est un aboutissement dans une carrière. Encore plus au Brésil. C’est quelque chose de magnifique. Il n’y a pas si longtemps, j’étais en Ligue 2. Et si je suis retenu dans le groupe des 23, ce sera exceptionnel.

Avec les Fennecs, vous avez disputé la Coupe d'Afrique des nations 2013 en Afrique du Sud. Qu’est-ce que vous gardez de cette première grande expérience ?

C’était ma première grande compétition et j’ai des regrets. Le premier match perdu contre la Tunisie nous a fait beaucoup de mal. Mais cela va me servir, même si nous n’avons pas passé le premier tour. En fait, j’ai beaucoup appris. Mais le Mondial, c’est une autre dimension. C’est quelque chose d’unique.

L'Algérien Sofiane Feghouli dans les bras d'Islam Slimani après la qualification de l'Algérie pour la Coupe du monde 2014. REUTERS/Louafi Larbi

Vu de l’extérieur, on a l’impression que cet échec en Afrique du Sud a boosté l’équipe d’Algérie. Vous êtes d’accord ?

Je crois qu’avec notre sélectionneur, Vahid Halilodzic, on a appris beaucoup de nos erreurs. D’ailleurs lors des matches de qualifications pour le Mondial, on s’est beaucoup rappelé de ce qui nous est arrivé lors de la CAN. Nous avons encore grandi. Il ne faut pas oublier que l’Algérie compte beaucoup de jeunes joueurs qui évoluent dans des grands clubs. Mais les clubs ne remplacent pas la sélection et ils doivent être encadrés. Il faut que la sauce prenne entre les plus jeunes et ceux qui ont de l’expérience.

Vahid Halilodzic a dit récemment : « L’ambiance qui règne dans notre groupe est phénoménale. C’est aussi grâce à cela que l’on s’est qualifiés ». Il a aussi ajouté : « On n’a rien à perdre, on doit faire un exploit. » Vous confirmez ?

Oui, il y a une belle ambiance. Souvent, le problème qui avait été soulevé ces dernières années, c’était le mélange entre ceux qui jouent en Europe et les locaux. Certaines fois, il y avait même la barrière de la langue. Chacun était plus ou moins de son côté. Mais cette époque est révolue. Nous sommes une famille. Et c’est désormais grâce à ce groupe uni que l’on a réussi à se qualifier pour le Brésil. Et si on garde cet esprit de groupe, on peut faire quelque chose. Sinon on n’y arrivera pas. Nous ne sommes pas comme les grandes équipes, type Argentine ou Brésil, où les individualités peuvent faire la différence. Pour nous, c’est le collectif qui prime.

Mehdi Mostefa (G), évolue avec les Fennecs depuis 2010. AFP PHOTO / PASCAL POCHARD-CASABIANCA

Dans un entretien accordé à Onze Mondial, Rabah Madjer tacle la Fédération algérienne en disant qu’elle utilise les joueurs qui évoluent à l’étranger par facilité. Vous en pensez quoi ?

Franchement pour moi, c’est de la politique… Ce que je vois, c’est qu’il y a un sélectionneur qui a fait des choix pendant trois années et qui ne s'est pas trop trompé. Grâce à lui, des joueurs qui évoluaient en Algérie ont pu aller jouer pour des clubs européens [comme par exemple Islam Slimani qui joue désormais au Sporting Portugal, ndlr], c’est quand même grâce à cette sélection qu’ils sont arrivés à progresser et ont pu évoluer ailleurs. Mais je ne veux pas trop prêter attention à tout ce qui se dit. Je sais que nous sommes un groupe uni et le coach « Vahid » ne fait aucune différence entre les locaux et les autres.

Ce qui a d’ailleurs fait dire à Claude Le Roy, le sélectioneur du Congo : « L'Algérie est difficile à manier, avec un coach qui a beaucoup d'expérience. Ça sera une équipe poil à gratter, compliquée à jouer... »

Il a tout dit. Nous ne sommes pas les favoris de notre groupe, mais des outsiders. Nous avons tout à gagner et je pense que nous allons embêter plus d’une équipe, car nous avons des valeurs et nous ne lâchons rien. Et désormais, quand nous sommes en difficulté sur le terrain, nous avons tendance à nous rebeller. Je sais que la Belgique n’est pas trop sereine de nous jouer en premier et nous allons faire en sorte de faire douter nos adversaires. Du moins on va essayer comme tous les outsiders de créer la surprise [rire].

Créer la surprise, ce serait déjà passer le premier. Ce qui n’est jamais arrivé en trois participations pour l’Algérie.

C’est vrai. En 2010, j’ai suivi le Mondial en Afrique du Sud et je crois que l’équipe d’Algérie s’est lâchée un peu trop tard. On sait que le premier match a une importance capitale. Tout à l’heure, on a parlé de la CAN et il faudra se servir de cette expérience. Dans le groupe, certains ont déjà joué un Mondial et il faudra qu’ils partagent leur vécu pour pouvoir passer ce premier tour. C’est clairement notre objectif.

Et depuis 1986 et le but de Djamel Zidane contre l’Irlande du Nord, la sélection algérienne n’a pas marqué en phase finale. Vingt-huit ans, c’est long ?

Oui ça fait un moment [sourire]. Mais aujourd’hui, notre jeu a changé et nous sommes plus portés vers l’avant. Même si notre coach aime avoir une bonne assise défensive, il prend plus de risque. Vous avez vu que lors de la phase de qualification, nous avons marqué quand même pas mal de buts [16 au total]. Vahid Halilodzic aime jouer les trouble-fête en plaçant plusieurs attaquants. J’espère que cette statistique va changer !

Vahid Halilhodzic lors de la CAN 2013 en Afrique du Sud. AFP PHOTO / ALEXANDER JOE

En parlant de Vahid Halilodzic, si vous deviez choisir un ou deux mots clefs pour nous faire comprendre le personnage, vous diriez quoi ?

[Il hésite]. Strict, mais aussi très marrant. C’est quelqu’un qui est très rigoureux aussi bien avec ses joueurs qu’avec son staff. Que ce soit le cuisinier ou le jardinier, il ne va rien laissé au hasard. Le soir, on peut faire une séance de vidéo pendant deux heures. C’est quelqu’un de pointilleux. C’est d’ailleurs une image qui le caractérise. Je le connais depuis trois ans et je suis très attaché à lui. S’il vous engueule, c’est qu’il vous aime. Le jour où il passe à côté de vous sans vous regarder et sans rien dire, vous avez du souci à vous faire. La plupart d’entre nous avons appris à le connaître et c’est pour cela que nous avons des résultats.

Ce serait dommage de le voir partir après le Mondial, non ?

Oui. Je crois que l’équipe d’Algérie perdrait beaucoup s’il partait. Il a fait beaucoup ces trois dernières années et je sais qu’il a la reconnaissance du public. S’il continuait avec la génération qui arrive, ce serait bénéfique. On avait besoin de quelqu’un comme ça pour rectifier les choses et pour aller de l’avant.

D’ailleurs ce qui est difficile pour lui et pour vous, c’est l’exigence du public algérien. Est-ce que c’est une source de motivation ou du stress supplémentaire ?

Un peu des deux ! On sait très bien qu’il y a beaucoup de critiques même quand le match est gagné. C’est un peu partout pareil, mais en Algérie c’est amplifié.

Je n’étais pas prédestiné à participer un jour à une Coupe du monde.

Et votre ambition pour ce Mondial ?

C’est déjà d’être dans les 23. Dans le football, on ne sait jamais ce qui peut se passer. Ensuite, être au Brésil c’est bien, mais je veux me battre pour jouer les matches. C’est un rêve de footballeur d’être à cette Coupe du monde. Mais ce n’est pas seulement s’assoir et regarder. Si ça doit être comme ça, j’encouragerais mes copains comme je l’ai toujours fait. Mais je vais tout faire pour être sur le terrain pour rendre fiers mes proches. Vous savez, je n’étais pas prédestiné à participer un jour à une Coupe du monde. Je me suis battu pour cela et je vais continuer. Si on m’avait dit il y a quatre ou cinq ans que je pourrais jouer un Mondial, j’aurais souri ! J’ai eu la chance d’avoir eu un coup de pouce de Jean-Michel Cavalli qui a dit : « Regardez-le un peu plus, vous pourriez avoir besoin de lui. » Ou des joueurs comme Madjid Adjaoud ou Abderaouf Zarabi que je n’oublie pas.

Vous ferez quoi le 13 juillet prochain,
date de la finale ?

J’aimerais bien être encore au Brésil [rire].

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