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Le droit des travailleurs étrangers au Qatar fait toujours débat

media Un ouvrier asiatique à Doha. AFP PHOTO/PATRICK BAZ

Alors que le Qatar doit organiser en 2022 la Coupe du monde, la Fifa va se pencher encore une fois cette semaine sur les conditions de travail des ouvriers étrangers dans le royaume. Plusieurs associations non gouvernementales comme Amnesty International ont alerté sur les conditions de travail au Qatar. Ils sont nombreux à remettre en cause le système du sponsoring. Le footballeur Zahir Belounis a pu quitter le pays récemment après 17 mois de combat.

Le dossier du Mondial 2022 au Qatar sera mis en avant cette semaine au Brésil lors du comité exécutif de la Fifa. À l’ordre du jour, il y aura cette question autour des conditions des ouvriers sur les stades de la future compétition. Sepp Blatter, président de la Fifa, a lui-même pris position le 20 novembre, en jugeant « inacceptable » la situation des ouvriers au Qatar. Mais il s'est également déclaré « convaincu que le Qatar (prenait) la situation très au sérieux ».

Remettre en cause la kafala

Sauf que le chantier s’annonce long et lourd à gérer. En effet, il faudrait remettre en cause le principe du parrainage au Qatar qui impose au salarié ou à l’entrepreneur étranger d’avoir l’accord de celui-ci pour sortir du pays. Un principe qui suppose que toute personne étrangère désireuse de travailler au Qatar doit avoir un « sponsor » qatari, son employeur, qui devient son garant administratif et judiciaire, et détient en contrepartie des droits sur sa liberté de mouvement. Un système considéré comme moyenâgeux par bon nombre d'observateurs.

C’est entre autres ce qui est arrivé au footballeur français Zahir Belounis qui a mis 17 mois pour pouvoir sortir du pays. « Les travailleurs viennent gagner un salaire misérable et sont traités de manière inacceptable. C’est un système qui ne permet pas de porter plainte contre son employeur », expliquait-il ce matin lors d’une conférence de presse.

« Un conflit du travail ça arrive. Mais quand l'individu y perd sa liberté, cela devient inacceptable », dit Philippe Piat, le président de l'Union nationale des footballeurs professionnels, qui voudrait voir le Qatar abandonner la Kafala pour les footballeurs. Un premier pas qui pourrait peut-être profiter ensuite à tous les travailleurs étrangers du pays.

De son côté, la FIFA espère « des changements sociaux positifs », avec l'organisation du Mondial au Qatar.

« C’est de l’esclavagisme moderne »

Mais ils sont nombreux à douter de cela. Comme Abdeslam Ouaddou , l’ancien défenseur de Nancy et Valenciennes, qui a été aussi retenu par son club au Qatar. « Il pense qu’il dirige le monde. Je ne l’espère pas. On voit des situations dramatiques et au 21e siècle, cela ne peut plus exister. C’est de l’esclavagisme moderne. Le pays qui doit organiser la plus prestigieuse compétition au monde doit respecter les droits de l’Homme. Nous sommes là pour dénoncer cela. Il faut alerter l’opinion publique des agissements du Qatar », lance-t-il.

Pourtant, les polémiques autour des droits sociaux au Qatar menacent en effet de salir diablement l'image de la compétition. Car les signaux d'alarmes se sont multipliés ces derniers mois, notamment après les articles cet automne du quotidien britannique The Guardian faisant part de la mort de 44 ouvriers entre juin et août sur les chantiers du Mondial 2022. « Si en occident ils se sont acheté une bonne image à coup de milliards, par contre chez eux, les étrangers sont considérés comme des esclaves. Le système de kafala s’apparente à de l’esclavagisme moderne. Comment le pays le plus riche du monde peut se comporter ainsi ?», explique Abdeslam Ouaddou.

Amnesty International et l'ONU dénoncent les pratiques du Qatar

Récemment, Amnesty International a dénoncé les mauvaises conditions de sécurité et d'hygiène, en citant un responsable du principal hôpital de Doha, selon lequel « plus de 1 000 personnes ont été admises en 2012 dans l'unité de traumatologie après des chutes au travail ».

De son côté, le Parlement européen s'est dit « préoccupé » notamment par « les longs horaires de travail, les conditions de travail dangereuses, le non-versement des salaires pendant plusieurs mois, la confiscation des passeports, l'obligation de vivre dans des camps surpeuplés ». Dans un récent rapport, les Nations unies proposent un salaire minimum pour les travailleurs ou encore la création d'associations d'ouvriers. L’ONU plaide également pour la suppression du système de sponsoring.

Le Qatar a jugé les critiques « exagérées » et engagé un cabinet d'avocats étrangers pour répondre aux accusations. Il a promis que les droits des ouvriers seraient respectés sur les chantiers du Mondial et précisé que sa législation avait été amendée et ses inspecteurs investis de pouvoirs plus importants pour la faire respecter.

Zahir Belounis va porter plainte

Zahir Belounis, retenu 17 mois au Qatar, a décidé de porter plainte en France. « Nous avons convenu de saisir le Parquet de Paris en déposant plainte (...) sur trois fondements: escroquerie, travail dans des conditions particulièrement inhumaines, qui est un délit spécifique au code pénal, et extorsion de fonds » , a déclaré Me Frank Berton, son avocat.

« Pour obtenir son visa de sortie, Belounis a dû signer une lettre de licenciement anticipé datant du mois de février 2013, alors que son contrat allait jusqu'en juin 2015. Cela représente une somme de 120 à 150.000 euros d'abandons de prétentions salariales », a expliqué Me Berton. Les personnes visées par cette future plainte sont les propriétaires de deux clubs, puisque que le club d'origine dans lequel évoluait Belounis, la Military Sport Association, a été racheté ensuite par Al-Jaish, dont le prédisent est le Cheikh Joaan bin Hamad Al-Thani, frère de l'Emir du Qatar.

Me Berton a souligné que le Parquet de Paris est compétent pour se saisir de cette affaire. « Tout délit subi par un Français à l'étranger peut être étudié par la justice française, c'est une compétence exclusive du Parquet de Paris. »

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