Le prix de l'organisation du Mondial 2014 échaude le Brésil - Amériques - RFI

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Le prix de l'organisation du Mondial 2014 échaude le Brésil

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À un an de la Coupe du monde de football au Brésil et pendant la Coupe des confédérations, des manifestants ont défilé dans le pays pour des raisons sociales. Ils ont notamment pointé du doigt le coût exorbitant du Mondial 2014, alors qu'une partie de la population lutte pour l'accès à l'éducation et à la santé.

En 1950, le Brésil qui jouait la finale de sa Coupe du monde dans le mythique stade du Maracana avait perdu face à l’Uruguay. Et ce fut vrai traumatisme au pays du football. Soixante-trois années plus tard, une partie de la population est en colère par rapport au coup prohibitif de cette nouvelle Coupe du monde. La déception de la finale perdue semble désormais un vague souvenir pour des citoyens qui dénoncent de plus en plus le « football business ».

Les manifestations qui ont débuté à Sao Paulo, contre l'augmentation des prix dans les transports publics, se succèdent depuis plusieurs jours et le gouvernement brésilien va envoyer la Force nationale, un corps d’élite de la police, pour assurer la sécurité dans les six villes qui organisent la Coupe des confédérations. Lundi dernier, 250 000 personnes ont battu le pavé pour protester contre les dépenses somptuaires engagées pour l’organisation du Mondial. Même des joueurs de la Seleçao brésilienne, Dani Alves, Hulk et David Luiz, ont exprimé leur solidarité avec « le peuple » brésilien.

La Coupe des confédérations et le Mondial devraient coûter 11 milliards d’euros au Brésil. Depuis l’attribution de ces deux événements par la FIFA, le gouvernement brésilien a dû plusieurs fois revoir à la hausse le prix de l’organisation, notamment à cause du retard pris dans la construction des infrastructures.

Et ce chiffre de 11 milliards d’euros devrait être sans doute dépassé d’ici le 12 juin 2014, date du coup d’envoi. Soit pour le moment, environ 57 euros pour chacun des 194 millions de Brésiliens. Pour exemple, le stade mythique du Maracana à coûté 449 millions d’euros après deux ans et demi de rénovation. Le double du devis initial.

La corruption au cœur du Mondial 2014

Après des années de scandales politico-financiers, les manifestants dénoncent la corruption et sont descendus dans la rue sans se revendiquer d'un parti politique ou d'un syndicat. Dans un entretien accordé à l’Equipe Magazine, Romario, champion du monde avec la Seleçao en 1994, devenu député en 2011, a dressé un tableau peu reluisant de la situation actuelle : « Cela ne sera pas la Coupe du monde du peuple brésilien, parce que le peuple n’aura pas les moyens d’acheter les billets. C’est aussi le peuple qui va payer l’addition après la Coupe du monde (…) A Manaus, Cuiaba et Natal, qui n’ont plus le temps de faire des appels d’offres, ils vont entrer en période d’urgence. (…) C’est fait exprès afin de voler plus d’argent ! »

Déjà il y a deux ans, à Brasilia, le chantier du train reliant l’aéroport au sud de la capitale fédérale avait été arrêté en raison de fraudes lors de l’appel d’offre. La rénovation du Maracana avait été ternie par une affaire de pots-de-vin concernant l’une des entreprises en charge des travaux et le ministre des Sports. Même la Fédération brésilienne de football (CBF) n’avait pas été épargnée. Le tout-puissant patron du football brésilien, Ricardo Teixeira, et organisateur du Mondial 2014, avait été visé par une série d'accusations de corruption et avait démissionné. A l'époque, Romario s'était réjoui sur sa page Facebook du fait que le football brésilien se soit « débarrassé d'un cancer ».

Le président de la Fédération internationale de football, Joseph Blatter, assure que le football « est plus fort que l’insatisfaction des gens ». Il n’est pas certain que les Brésiliens qui ont décidé de descendre dans la rue entendent ce message.

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