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Le football, thermomètre de la situation en Libye

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La Confédération africaine de football a décidé, ce mardi 26 mars 2013, d’autoriser à nouveau les clubs libyens à recevoir des rencontres continentales sur leur sol, jugeant la situation sécuritaire apaisée. L’occasion de revenir sur la façon dont le ballon rond a permis au pouvoir de rendre compte de l’état de la Libye, avant comme après la chute du régime de Mouammar Kadhafi. Et ce alors que les Chevaliers de la Méditerranée sont toujours invaincus en éliminatoires de la Coupe du monde 2014, avec deux matches nuls et une victoire, contre le Cameroun.

Retrouvé et tué le 20 octobre 2011 dans les environs de Syrte, Mouammar Kadhafi ne s’imaginait sans doute pas qu’il serait invoqué, un an et demi plus tard par le président de la Fifa pour étayer ses arguments contre le projet de Michel Platini d’organiser l’Euro 2020 dans toute l’Europe au lieu d’un seul pays. « L’idée n’est pas nouvelle. [Avant la Coupe du monde 2010,] le colonel Kadhafi m'a dit qu'un match devrait être disputé dans chacun des 53 pays d'Afrique et la finale en Afrique du Sud. Je lui ai répondu que c'était impensable », se souvenait Sepp Blatter le 14 mars dernier. Sans parler de la pertinence de la comparaison entre Platini et Kadhafi, cette évocation rappelle l’importance primordiale accordée au football par l’ex-dictateur libyen et sa famille, au pouvoir de 1969 à 2011.

Alors que son Livre Vert (manifeste sorti en 1975) accusait le sport de manipuler les masses alors qu’il devait être à leur bénéfice, Mouammar Kadhafi met son programme en pratique lors de son discours inaugural de la Coupe d’Afrique des nations 1982, au stade du 11-Juin à Tripoli, transformé en tribune de politique internationale fustigeant la France, les Etats-Unis, l’Afrique du Sud et le Soudan. « Maintenant, bande de stupides, je vous laisse avec votre jeu stupide, conclut-il. […] Oui à l’Afrique ! Non à la Coupe ! »

Le premier président de fédération élu

Ce mépris affiché pour le ballon rond n’a pas empêché deux des fils du colonel, Mohamed et Saadi, de s’impliquer dans le football du pays. Selon un article d’APS Review Oil Market Trends cité par une note de la Commission de l’immigration et du statut de réfugié du Canada (IRB) de juin 2004, une rencontre entre les clubs des deux frères aurait tourné à l’émeute en 1996, faisant une trentaine de victimes. La même note de l’IRB précise le rôle de Saadi Kadhafi, qui fut le dirigeant de la Fédération libyenne de football comme du Comité olympique libyen, en même temps que capitaine de la sélection, joueur du club italien de Pérouse pour quinze minutes, et actionnaire de la Juventus Turin.

La guerre civile de 2011 et la chute du régime qui s’en est suivie ont mis fin à ce système en même temps qu’aux espoirs du pays d’organiser la Coupe d’Afrique des nations en 2013 comme il était prévu initialement (cette dernière ayant finalement été délocalisée en Afrique du Sud). Le 24 février dernier, l’annonce de l’arrivée d’un nouveau dirigeant à la tête de la fédération permettait au nouveau régime de marquer sa différence avec l’ancien. Anouer al-Tachani est en effet présenté comme le premier président élu de la FLF depuis la création de celle-ci en 1962. Chargés maintenant de rédiger les nouveaux statuts de l’instance, ses nouveaux dirigeants auront également à cœur de prouver que la Libye peut accueillir la CAN dès 2017.

Un match en Libye début avril

« L'organisation de la CAN permettra à la Libye de marquer la normalisation de la vie dans le pays et de promouvoir les projets de développement, expliquait le ministre de la Jeunesse et des Sports, Abdessalem Ghouila, le 22 mars dernier, prouvant que le football restait encore un instrument primordial de communication pour l’Etat. Il ne s'agit pas uniquement d'un projet sportif, mais d'une opportunité pour la Libye de passer de l'étape de la révolution à celle de la construction de l'Etat. » Alors que la violence reste très présente dans le pays, le Premier ministre Ali Zidane, a résumé le défi que représentait l’organisation de cet évènement pour le pays en une phrase : « Personne ne viendra chez nous si la sécurité n’est pas rétablie. »

Une délégation de la Confédération africaine de football s’est récemment rendue sur place, et ses premières conclusions sont plutôt encourageantes pour le pays. La CAF a en effet décidé, ce mardi 26 mars, « constatant que la vie a repris son cours normal », de « lever l’interdiction imposée à l’organisation des matches à domicile de toutes les équipes libyennes engagées dans les compétitions de la CAF sur le territoire libyen ». L’avenir dira si l’instance continentale a visé juste. Et l’avenir arrivera plus vite qu’on ne le croit, puisque la décision permettra, dès le week-end du 5 au 7 avril, à l’Al Nasir Benghazi (vainqueur de la Coupe de Libye 2011) de recevoir les Marocains du FAR Rabat en seizièmes de finale retour de Coupe de la confédération, après leur défaite (1-0) à l’aller, alors même que le championnat national n'a pas encore repris depuis 2011.

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