Claude Le Roy : "Le Nigeria, plus grand pays de football en Afrique" - Afrique foot - RFI

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Claude Le Roy : "Le Nigeria, plus grand pays de football en Afrique"

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C’est le grand retour des Super Eagles. Le Nigeria, l’équipe la plus complète, la plus dangereuse, la plus fraîche, s’est imposée. La compétition a été très serrée, très ouverte, mais les champions d’Afrique sont ceux qui le méritaient le plus.

 

Ça fait trente ans que je le répète : si une équipe d’Afrique doit gagner un jour la Coupe du monde, ce sera le Nigeria. Le Nigeria est le plus grand pays de football en Afrique.

Les Ghanéens doivent se morfondre. Au Ghana, on peut perdre contre tout le monde sauf face au Nigeria et à la Côte d’Ivoire. C’est un double coup de couteau pour les Ghanéens. Ils sont à nouveau quatrièmes du tournoi et, en plus, leurs rivaux détestés ont remporté la CAN.

Le réveil a été dur à Kumasi mais joyeux à Lagos et à Ouagadougou, parce que le Burkina Faso a également réalisé un parcours incroyable.

La finale s’est jouée sans les deux meilleurs joueurs de chaque équipe : Emmanuel Emenike pour le Nigeria et Alain Traoré pour le Burkina Faso.

J’ai bien aimé les deux défenseurs centraux du Nigeria, Ambrose et Omeruo, leur attaquant Emmanuel Emenike. J’ai aimé Jonathan Pitroipa qui a confirmé tout son talent. Il y a aussi eu l’inusable Seydou Keita qui a encore réussi une CAN incroyable. Il a fait preuve d’un grand don de soi-même, d’une grande intelligence tactique. Il joue  parfois même l’arbitre assistant ; il pèse un peu sur les décisions car il est très intelligent dans sa façon de se comporter avec les arbitres. Sa qualité de passe, son timing, son sens de l’espace, procurent un vrai plaisir aux observateurs. Il ne faut pas non plus oublier Dieumerci Mbokani qui revient à un très bon niveau. Il est au début d’une seconde carrière. S’il continue à travailler comme ça, il va retrouver les sommets. J’ai aussi envie de citer les Cap-Verdiens et les Ethiopiens pour leur jeu collectif.

Cette CAN 2013 a été rafraîchissante. Elle a été agréable à regarder et elle a été agréable à vivre parce que les gens ont été d’une gentillesse et d’une courtoisie incroyables. L’Afrique du Sud a parfaitement organisé sa Coupe d’Afrique.

J’ai juste regretté que le terrain du Soccer City de Johannesburg ait été en aussi piteux état. On n’imagine pas des matches de Coupe du monde disputés sur des terrains aussi mauvais. La CAF a encore du travail à faire. Le terrain, c’est l’outil de travail du football. Et ce terrain-là a été un outil indigne d’une finale de Coupe d’Afrique.

Il a manqué quelques très grands joueurs. Du coup, beaucoup de gens pensent que la compétition a été de moins bonne qualité. Mais quelques grands noms étaient présents et on ne les a pas beaucoup vus. Je pense qu’il faut relativiser. Il y a beaucoup de jeunes peu connus qui ont montré beaucoup de qualités.

Tout le monde s’en rend compte : ce ne sont pas les additions de noms qui font le football africain. Le Nigeria a démontré qu’il valait mieux construire un véritable socle. Le football africain va dans la bonne direction.


Claude Le Roy est le sélectionneur de la République démocratique du Congo. Il nous a fait vivre sa CAN au travers de propos recueillis et retranscrits par RFI. Le technicien français a disputé en Afrique du Sud sa septième compétition continentale après avoir dirigé le Cameroun (en 1986 et 1988), le Sénégal (en 1990 et 1992), le Ghana (en 2008) et la RDC déjà (en 2006).

 

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