Seydou Keita : «On s’inquiète beaucoup pour le Mali» - Afrique foot - RFI

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Seydou Keita : «On s’inquiète beaucoup pour le Mali»

media Le Malien Seydou Keita au micro de RFI. RFI/David Kalfa

Dans un entretien exclusif accordé à RFI, Seydou Keita évoque la guerre au Mali. Le capitaine de l’équipe nationale de football est déterminé à réussir une belle CAN 2013, avec un premier match face au Niger le 20 janvier à Port Elizabeth. Mais le milieu de terrain doute qu’une victoire des Aigles change grand-chose pour son pays, ravagé par la crise.

RFI : Seydou Keita, l’an passé, vous aviez lancé durant la CAN 2012 un appel à la paix au Mali et à l’unité du pays. Un an plus tard, le Mali est en guerre. Quelle incidence cela a-t-il sur la vie de groupe en équipe nationale de football ?
Seydou Keita : On s’inquiète beaucoup. Je ne vais pas dire qu’on n’a pas la tête au football. Mais ce qui se passe au Mali est beaucoup plus important qu’un match de football. Nous, on doit faire notre job, honorer notre pays qui traverse un moment difficile. C’est vrai que c’est très inquiétant lorsqu’on voit tous ces gens venir au Mali, tous ces avions. Voir une vraie guerre, pfff, ça fait peur… On a tous nos mamans, nos frères et nos sœurs qui sont au Mali. Tout ça, ça fait peur. C’est comme ça, mais on espère que les alliés du Mali, que ce soit la France, la Cedeao ou d’autres, vont régler tout ça rapidement et que la paix va revenir le plus rapidement possible.

L’équipe du Mali doit supporter une certaine pression du coup. Un but ou une victoire donnent des moments de bonheur aux gens…

Cette fois-ci, c’est différent, je dirais. Le football ne va rien changer par rapport à la guerre. L’année passée, notre 3e place avait donné beaucoup de joie et de plaisir. Mais cette année, les gens ont autre chose en tête. Quelque chose qui est plus important qu’un match de football, qu’une victoire à la CAN. Mais nous, on a le devoir de mouiller le maillot, de faire le maximum.

Est-ce que vous risquez de vous mettre une pression excessive par rapport à ce qui se passe au Mali ?
Non, car on est conscients que le football ne peut rien changer à cette guerre-là. Les gens qui sont là-bas (les activistes islamistes qui contrôlent une partie du Mali, Ndlr) n’aiment même pas le football. Ils ne savent même pas ce qu’est le football. A Gao, il n’y pas de football, pas de télévision. Alors comment voulez-vous que ça change quelque chose ? Donc, on ne se met pas de pression supplémentaire. La pression de bien faire, en revanche, un compétiteur en a besoin. C’est une pression positive. Notre victoire donnera peut-être de la joie aux gens. Mais ce sera une joie mesurée. Même lorsqu’on va gagner, les gens ne sortiront pas pour fêter ça car il y a quelque chose de beaucoup plus important. Tout le monde doit être serein et solidaire. Pas qu’on gagne et que les gens au sud fassent la fête tandis qu’au nord les autres sont sous le feu.

Tous propos recueillis par nos envoyés spéciaux à Port Elizabeth, Olivier Pron et D.K.
 

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