Ali Gagarine : « Une demi-finale Soudan-Cameroun » - Afrique foot - RFI

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Ali Gagarine : « Une demi-finale Soudan-Cameroun »

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Ali Gagarine est une légende vivante du football soudanais. L’ancien buteur d’Al Hilal et des Faucons du Désert a remporté la CAN 1970 à domicile. Après des passages en Europe et au Moyen-Orient, l’ex-avant-centre s’est reconverti dans la carrière diplomatique mais a gardé un pied dans le sport. C’est en tant que membre des commissions techniques de la Confédération africaine de football et de l’Association arabe de football qu’il est présent au CHAN 2011. Avec un œil attentif sur les prestations de l’équipe nationale.

 

Comment jugez-vous le niveau de ce CHAN 2011 ?
Il n’est pas très élevé, « moyen » je dirais. Ce sont des joueurs locaux, pas des professionnels aguerris à l’étranger. J’aimais beaucoup l’équipe de Côte d’Ivoire (éliminée). C’est l’équipe qui a été la plus convaincante au niveau technique et de la liaison entre la défense et l’attaque.

Parmi les huit équipes restantes, quelle sont vos favorites ?
Même si le football est quelque chose de complètement prévisible, je suis sûr que le Soudan va battre le Niger et affronter le Cameroun qui aura éliminé l’Angola. J’espère qu’ensuite nous battrons le Cameroun. Ce sera un match très dur pour nous.

Etes-vous satisfait de voir le Soudan en quarts de finale de ce CHAN 2011 ?
Bien sûr, car le succès de ce tournoi dépend beaucoup du parcours de l’équipe du Soudan. Car les supporters soudanais ne viennent pas au stade si leur équipe nationale ne participe pas à un tournoi. Heureusement, on est parvenus jusqu’en quarts de finale où on va affronter le Niger.
Le Soudan n’a pas été au mieux durant les matches du premier tour, mais l’essentiel pour nous, c’est ce résultat.

Le sélectionneur Abdalla Mazda est en place depuis longtemps.
Oui, ça fait une quinzaine d’années qu’il fait des va et viens à la tête de l’équipe nationale. C’est un ami à moi. On a longtemps joué ensemble en équipe national. Lui était à Al Merreikh et moi à Al Hilal. Je pense que c’est un bon entraîneur et l’un des meilleurs du pays. Il a fait de nombreux stages de haut niveau, dont un en Allemagne de l’Ouest (ex-RFA). Il avait été majeur de sa promotion. Il a de très bonnes relations avec les joueurs.

Mazda dirigeait déjà le Soudan lors de la CAN 2008. Une CAN à laquelle les Faucons du désert n’avaient plus participé depuis 1976.
Oui, c’était vraiment une bonne chose. Actuellement, nous sommes premiers de notre groupe en éliminatoires de la CAN 2012 devant le Congo et le Ghana. Je crois à notre participation en 2012 au Gabon et en Guinée équatoriale.

Pourquoi une absence si longue ?

CAF/Orange

En 1976, après notre retour de la CAN en Ethiopie, le président de la république (le général Gaafar Mohammed Nimeiry) a donné un coup d’arrêt au football en ordonnant la dissolution de toutes les associations, des clubs, afin qu’on joue dans des équipes de quartiers. Cette situation a duré un an, un an et demi. Tous les bons joueurs ont alors quitté le pays. Ç’a durablement affecté le football soudanais. […] Il remonte la pente depuis 1977 mais son niveau n’est pas aussi bon qu’avant. Il est bon mais sans plus.

Le football soudanais peut-il revenir au sommet ?
Je l’espère ! Tout n’est pas encore en place, mais on progresse. Sur le sponsoring notamment, même si ce n’est pas dans notre culture, on découvre son importance dans la promotion et le développement du football. Il y a des hommes d’affaires qui jouent les mécènes. On fait aussi venir des professionnels étrangers. Reste le gouvernement qui ne s’occupe pas trop du football car ce n’est pas une de ses priorités. Il y a le Darfour, la séparation avec le Sud et la sécurité du pays. Mais on espère bien qu’une fois la séparation avec le sud effective, le gouvernement fera du sport une priorité.

Le public suit-il toute la compétition ou juste l’équipe du Soudan ?
Le public aime beaucoup son équipe mais, en général, il est aussi présent pour les matches des autres sélections. Vous avez vu comme il a soutenu l’équipe d’Algérie. Chez nous, on aime beaucoup cette sélection algérienne : elle avait fait un très bon match contre celle d’Egypte fin 2009 (en éliminatoires du Mondial 2010). D’autres supporters aiment le Rwanda, le Niger, le Cameroun.

De nombreux stades étaient presque vides tout de même…
Non, ce n’était pas si vide que cela. Les gens viennent aux matches. Ceux qui commencent à 17h30 sont un peu difficiles à suivre mais ceux de 20h, le stade est toujours plein. En plus, les billets sont gratuits.

L’organisation de ce CHAN 2011 est-elle une réussite ?
Jusqu’à présent, oui. Si vous tenez compte de la situation économique et politique du pays, de celle au Darfour, du résultat du référendum, ça fait beaucoup. Malgré tout, le Soudan est un pays stable et a réussi bien des choses dans ce championnat.

Quelles sont les retombées de ce CHAN pour le Soudan ?
Il y a l’aspect politique tout d’abord avec la période que nous vivons. Ce tournoi intervient immédiatement après le référendum sur l’indépendance se la partie sud du Soudan. Les gens pensaient qu’il y aurait des manifestations, une guerre civile après l’annonce des résultats et que le CHAN N’aurait pas lieu dans ces conditions. Or, le CHAN se déroule très bien. On a ainsi prouvé que le Soudan est un pays pacifique et stable, qu’il n’y a pas de problèmes entre les sudistes et les nordistes. Tout ça, c’est très important pour le Soudan et son gouvernement.
Ensuite, ce CHAN est l’occasion de démontrer notre capacité à organiser ces tournois. Nous visons à accueillir une CAN dans les années à venir. C’est donc une occasion d’améliorer les infrastructures au pays où nous avons commencé à réhabiliter les stades actuels. On espère en construire de nouveaux l’année prochaine pour organiser une future Coupe d’Afrique des nations.

Tous propos recueillis par Eric Mamruth

 

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